Lomé, le 31 juillet 2025 -(©AfreePress)- À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains, l’organisation non gouvernementale Compassion International Togo, en collaboration avec ses églises partenaires et diverses institutions, a tenu le 30 juillet 2025 à Lomé une grande conférence de sensibilisation placée sous le thème : « La traite des personnes est un crime organisé : mettons fin à l’exploitation ».
L’événement qui s’est déroulé, à la fois en mode physique et virtuel, a réuni un large éventail de participants composé de représentants de l’État, responsables religieux, acteurs de la société civile et organisations de défense de l’enfance.
« Le Togo a intégré le Protocole de Palerme dans sa législation nationale. Depuis 2005, plusieurs textes ont été adoptés, notamment la loi relative au trafic des enfants, le Code de l’enfant en 2007, et le Code pénal de 2015, dont les articles 317 à 330 sont dédiés à la lutte contre la traite des personnes », a déclaré à cette occasion, le représentant du ministre de l’Action sociale, M. Glokpo Koffi Amenyo. Celui-ci a également mis en avant les mécanismes existants, tels que les lignes vertes d’alerte et les centres d’accueil pour les victimes.
Prenant la parole au nom de la direction nationale de Compassion international Togo, Gbékou Kodjovi, chef du département PIO Programme, a, quant à lui, insisté sur la portée de cette mobilisation. « Nous accompagnons aujourd’hui plus de 90 000 enfants au Togo. Il est de notre devoir de garantir leur protection contre toute forme d’exploitation », a-t-il relevé, appelant à une implication renforcée des leaders communautaires. Il a par ailleurs annoncé que des actions concrètes ont été identifiées et seront mises en œuvre dans les prochains mois pour lutter contre ce phénomène.
« L’Église doit élargir son champ d’action. Au-delà de la prédication, elle a un rôle crucial à jouer dans la sensibilisation aux enjeux sociaux, notamment ceux liés à la traite des êtres humains », a affirmé la Révérende Pasteure Angèle Wilson-Dogbe, Directrice du bureau régional de Lomé pour les questions de migration qui a, également plaidé en faveur d’un engagement plus profond des Églises.
Elle a exhorté les responsables ecclésiastiques à instruire leurs fidèles sur les lois existantes et les voies de recours en cas d’abus.

Le Révérend Pasteur Aki Komi, des Assemblées de Dieu du Togo (Légbassito 1 – Centre 0116), présent à la rencontre, a exprimé sa consternation face à l’ampleur du fléau. L’Église est interpellée, a-t-il dit. « Nous devons multiplier les messages de sensibilisation, même pendant les cultes, et prier pour nos enfants. Il est temps d’alerter les jeunes sur les dangers réels, notamment à travers les réseaux sociaux », a-t-il martelé.
Ce rassemblement national, porté par Compassion Internationale Togo, sonne comme un cri d’alarme et marque une étape décisive dans le combat contre l’exploitation humaine. Il rappelle que seule une action concertée entre l’État, les Églises, la société civile, les ONG et les familles permettra de venir à bout de ce fléau silencieux.
Albertine A.









