Le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé a procédé, par décret, à un vaste réaménagement du commandement des Forces armées togolaises (FAT). Le colonel Tchakpélé Aklesso, élevé au grade de général de brigade, prend la tête de l’état-major général. Quatre autres officiers supérieurs héritent de postes clés. Etat-major particulier, aviation civile, armée de terre et armée de l’air. Ce mouvement intervient dans un contexte sécuritaire toujours marqué par la menace jihadiste dans la région des Savanes.
Par Olivier Adja
Lomé, le 18 août 2026-(©AfreePress)- Le haut commandement des Forces armées togolaises change de visage. Par une série de décrets présidentiels, Faure Essozimna Gnassingbé a procédé à une redistribution substantielle des responsabilités au sommet de l’appareil militaire national, touchant à la fois l’état-major général, l’état-major particulier de la présidence, l’aviation civile et les états-majors des deux armées de terre et de l’air.
Cinq officiers supérieurs, dont les parcours se sont largement construits sur le terrain, notamment face à la menace jihadiste qui frappe le nord du pays depuis novembre 2021, sont directement concernés par ce mouvement.
Un général de brigade à la manœuvre
Fait marquant de ce réaménagement, le colonel Tchakpélé Aklesso est élevé au grade de général de brigade et prend les rênes de l’état-major général des FAT, poste stratégique s’il en est, dont le titulaire coordonne l’ensemble des forces terrestres, aériennes et de gendarmerie. Cette double promotion, qui associe avancement de grade et changement de fonction, s’inscrit dans une pratique désormais habituelle des autorités togolaises, consistant à confier les leviers du commandement à des officiers déjà aguerris aux dossiers sécuritaires les plus sensibles.
À ses côtés, le colonel Kilimou Mazama-Esso est nommé chef d’état-major particulier, une fonction charnière qui le place en interface directe entre l’exécutif et l’institution militaire.
Aviation civile et armée de l’air : un jeu de chaises tournantes
Le mouvement touche également le secteur aérien. Le général de brigade Mama Agnidofè Essomoulam, dont le parcours récent l’avait vu diriger l’état-major de l’armée de l’air, prend désormais les commandes de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC), organisme chargé de superviser la sécurité et la régularité du transport aérien national et international.
Son ancien fauteuil à la tête de l’armée de l’air échoit au colonel Idrissou Ahabou, jusque-là directeur général de cette même ANAC. Officier supérieur formé aux dossiers de régulation aéronautique, il retrouve ainsi l’univers opérationnel dont il est issu, à un moment où le renforcement de la surveillance de l’espace aérien national demeure une priorité affichée des autorités.
L’armée de terre confiée à un homme du front
C’est sans doute la nomination la plus scrutée par les observateurs du dossier sécuritaire. Le colonel Kombaté Latchambé devient chef d’état-major de l’armée de terre. Officier issu de la toute première promotion de l’École de formation des officiers des Forces armées togolaises (EFOFAT) de Pya, sortie en 1998, il s’est forgé une réputation d’homme de terrain à la tête de plusieurs unités d’élite, dont le 2ème Bataillon d’intervention rapide, avant de commander l’opération Koundjoaré, dispositif déployé pour contenir les incursions armées dans l’extrême-nord du pays. Sa désignation à ce poste de première ligne est perçue comme un signal de continuité dans la doctrine de fermeté adoptée par le commandement face au péril jihadiste.
Une recomposition à lire à l’aune du contexte sécuritaire
Ce réaménagement du commandement intervient alors que le Togo poursuit ses efforts pour contenir les incursions de groupes armés dans la région des Savanes, où plusieurs attaques ont déjà endeuillé les populations depuis 2021. Il s’inscrit également dans une dynamique plus large de professionnalisation du commandement, illustrée récemment par la sortie de promotion de plusieurs dizaines d’officiers formés à l’EFOFAT ainsi que par les changements intervenus à la tête de cette même école quelques jours plus tôt.
Sans que les décrets présidentiels n’en précisent les motivations, ce mouvement d’ensemble dessine les contours d’un commandement resserré autour d’officiers rompus aux opérations, à un moment où la vigilance reste, plus que jamais, le maître-mot de la haute hiérarchie militaire togolaise.










