Lomé, le 20 juin 2024-(©AfreePress)-Le Togo célèbre le cinquième anniversaire de la mise en œuvre de son Mécanisme National de Prévention de la Torture (MNP).
Cet événement a été marqué, jeudi 20 juin 2024 à Lomé, par un atelier de réflexion organisé par la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH). La rencontre a réuni des responsables des ministères et institutions sectorielles. Occasion pour ceux-ci de dresser le bilan des cinq années de mise en œuvre du MNP et de définir de nouvelles perspectives pour renforcer son efficacité.
« Le MNP a pour mission de réaliser des visites régulières et inopinées dans les lieux de privation de liberté afin de détecter les dysfonctionnements susceptibles d’affecter les conditions de détention. Cela a permis d’avoir un regard attentif sur les grandes prisons, les unités d’enquête de police et de gendarmerie, les postes de police aux frontières, ainsi que l’aéroport et même les hôpitaux psychiatriques. Cinq ans après sa mise en œuvre, le bilan est positif. Presque toutes les prisons du pays ont été visitées à plusieurs reprises, de même que les unités de garde-à-vue, avec un accent particulier sur les milieux reculés », a indiqué le président de la CNDH, Me SANVEE Ohini Kwao Didi.
Les actions menées par le MNP ont permis de formuler plus d’une centaine de recommandations concrètes en vue d’améliorer les conditions de détention et sensibiliser les autorités ainsi que la population sur l’importance de la prévention de la torture. Son action a également permis de rendre visibles des réalités souvent ignorées et de promouvoir des pratiques respectueuses des droits de l’homme.
Malgré les succès réalisés, le mécanisme reste confronté à des difficultés.
« La situation carcérale est volatile. Vous pouvez régler de nombreux problèmes lors d’une visite et constater quelques jours plus tard que d’autres problèmes sont apparus. Cette situation est due à la surpopulation carcérale, ce qui nécessite un travail de longue haleine. Pour cela, nous avons besoin de plus de moyens pour pouvoir circuler partout sur le territoire national, renforcer le budget et œuvrer pour l’autonomie du MNP », a souligné M. SANVEE.
Présent à l’ouverture de cet atelier de réflexion, le ministre des Droits de l’Homme, de la Formation à la Citoyenneté et des Relations avec les Institutions de la République, Pacôme Yawovi ADJOUROUVI, a souhaité du succès au MNP et exhorté toute la population à œuvrer contre la torture.
« Il est important de rappeler à tous que l’interdiction de la torture est inscrite dans la nouvelle constitution qui marque notre entrée dans la cinquième République. Cela se trouve à l’article 2 en annexe de notre nouvelle constitution, démontrant ainsi l’intérêt que le gouvernement porte au traitement humain de tous les citoyens », a-t-il déclaré.
Anika A.










