Réunis à la Maison des jeunes d’Amadahomé, de nombreux jeunes ont participé à une rencontre littéraire initiée par l’Alternative Russo-Togolaise (ART). Entre débats sur l’avenir du livre, découverte de la littérature russe, togolaise et africaine et récitals de poésie, les échanges ont mis en lumière les défis de la lecture dans un environnement de plus en plus dominé par le numérique.
Par Albertine A.
Lomé, le 16 juillet 2026 (©AfreePress) – Comment redonner aux jeunes le goût de la lecture dans un monde où les écrans occupent une place grandissante ? C’est à cette interrogation que l’Association Alternative Russo-Togolaise (ART) a tenté d’apporter des réponses jeudi, à travers une rencontre littéraire organisée à la Maison des jeunes d’Amadahomé. L’initiative a réuni des passionnés de littérature, de poésie et de culture autour d’une réflexion sur les nouveaux modes de lecture et les défis de la transmission du savoir à l’ère numérique.
Moment fort de la rencontre, les échanges autour d’un débat ayant pour thème : « À l’ère du numérique, entre le livre papier et la version numérique, que préférez-vous ? ». Ces échanges ont donné lieu à des discussions et idées nourries. Les participants ont confronté leurs expériences et leurs préférences, révélant deux visions complémentaires de l’accès au savoir.
Pour Kansame Nangalene, coordinateur de projet au Centre ART, la question essentielle ne réside pas dans le choix du support, mais dans la capacité des jeunes à conserver l’habitude de lire. Selon lui, les technologies numériques offrent aujourd’hui un accès sans précédent aux connaissances, puisqu’un simple téléphone portable peut contenir une véritable bibliothèque. L’enjeu consiste donc moins à opposer le livre imprimé au livre numérique qu’à susciter une véritable culture de la lecture, indispensable au développement intellectuel de la jeunesse.

Face à cette vision, plusieurs participants ont plaidé en faveur du livre traditionnel. Ils ont mis en avant son accessibilité, son confort de lecture et son indépendance vis-à-vis des contraintes technologiques telles que l’électricité, la connexion internet ou l’autonomie des appareils électroniques. D’autres ont rappelé que le livre demeure un patrimoine culturel durable, résumant leur conviction par l’adage bien connu : « Les paroles s’envolent, les écrits restent. »
Au-delà du débat, la rencontre a constitué une véritable immersion dans les univers de la littérature russe, togolaise et africaine. Lectures, échanges et déclamation de poésie ont rythmé la journée, offrant aux participants l’occasion de découvrir de nouvelles œuvres et de nouveaux auteurs tout en mettant en valeur la richesse des patrimoines littéraires. Cette initiative s’inscrit dans la mission du Centre ART, qui œuvre au rapprochement culturel entre le Togo et la Russie à travers la promotion de la langue, de la littérature, des arts et des échanges éducatifs.
La séance s’est achevée dans une ambiance conviviale par une scène ouverte consacrée à la poésie, suivie d’une collation favorisant les échanges entre les participants. Pour plusieurs jeunes présents, cette initiative constitue une opportunité de renouer avec la lecture, mais aussi d’élargir leurs horizons culturels grâce au dialogue entre les traditions littéraires togolaises, africaines et russes.
Dans un contexte où les pratiques de lecture évoluent sous l’effet de la révolution numérique, l’Alternative Russo-Togolaise entend poursuivre ce type d’activités afin de promouvoir le livre sous toutes ses formes et de rappeler que, quel que soit le support utilisé, la lecture demeure un levier essentiel de formation, d’ouverture sur le monde et de développement personnel.










