Lomé, le 4 septembre 2024-(©AfreePress)-Enlevé dans la nuit du 12 août 2024 à Lomé, puis jeté plus tard en prison au Bénin, le cyberactiviste béninois, Steve Amoussou, également connu sous le nom de « Frère Hounvi », a enfin eu l’occasion de livrer sa version des faits.
C’était, mardi 3 septembre 2024, devant la Cour de répression des infractions criminelles et du terrorisme (CRIET) devant laquelle il a porté plainte contre ses ravisseurs.
Ces derniers sont en réalité, les mêmes personnes mentionnées dans le communiqué du Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Lomé.
À la barre, M. Amoussou a dit avoir été kidnappé dans son quartier résidentiel à Lomé alors qu’il s’apprêtait à sortir de la maison pour effectuer une course.
« Je suis descendu et c’est là que quatre personnes se sont approchées de moi pour engager une conversation avec moi. Entre le début de la discussion et mon introduction dans le fourgon noir, il s’est écoulé environ 20 à 25 minutes. J’ai pu identifier M. Jimmy Gandaho et M. Géraud Gbaguidi. Les deux autres étaient cagoulés. Je n’ai pas pu reconnaître M. Ouanilot Medegan Fagla, mais j’ai entendu son nom dans les discussions entre mes ravisseurs durant le trajet entre Lomé et Cotonou. La rue où la scène s’est produite était éclairée. J’ai été brutalisé, mais la population observait de loin. Je ne peux pas préciser l’heure exacte de l’incident », a-t-il déclaré.
L’audience a été suspendue et a repris quelques heures après devant la CRIET.
Après les délibérations, les deux personnes, Jimmy Gandaho et Géraud Gbaguidi, ont été identifiées formellement par la victime. Le premier a été condamné à une peine de 24 mois dont 12 avec sursis. Le second à été condamné à 18 mois ferme. Les deux devront verser à la victime, une amende de 5 millions francs CFA alors que l’avocat de la victime a également réclamé une somme de 20 millions en guise de dommages. Une exigence soutenue par le Procureur de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).
Le Directeur général du Centre national d’investigations numériques (CNIN), Ouanilot Medegan Fagla, a quant à lui été relaxé pour absence de preuves de sa présence dans l’équipe ayant procédé au rapt de frère Hounvi à Lomé.
Il est important de rappeler que, suite à son enlèvement, l’activiste a été incarcéré et poursuivi par les autorités béninoises pour « provocation directe à la rébellion, initiation et publication de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux, et harcèlement par voie numérique ». Il reste dans les liens de la détention jusqu’à son procès prévu pour le 7 octobre prochain.
Le Togo pour sa part, n’a pas du tout apprécié la méthode employée pour l’arrestation de l’activiste sur son territoire. Dans un communiqué daté du 25 août 2024, le Procureur de la République, Talaka Mawama, a accusé les autorités béninoises de ‘’violation du droit international’’.
Anika A.









