À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Bénin, le président Romuald Wadagni a exercé pour la première fois son droit de grâce. Au total, 369 personnes condamnées bénéficieront de cette mesure de clémence présidentielle. Présentée comme un acte de justice empreint d’humanité, cette décision s’inscrit dans le cadre des prérogatives constitutionnelles du chef de l’État et se veut un symbole d’unité nationale et de réinsertion sociale.
Par Olivier ADJA
Lomé, le 04 août 2026 (©AfreePress) – Le président béninois Romuald Wadagni a posé un acte hautement symbolique à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Bénin. Pour la première fois depuis son accession à la magistrature suprême, le chef de l’État a exercé son droit de grâce en faveur de 369 personnes condamnées, marquant ainsi sa volonté d’associer justice, humanité et cohésion nationale.
Selon un communiqué du ministère béninois de la Justice et de la Législation, cette mesure exceptionnelle, prise dans le strict respect des dispositions constitutionnelles, a donné lieu dès le 1er août au lancement des opérations de remise en liberté. Celles-ci se poursuivent progressivement, au rythme des formalités administratives et judiciaires requises.
Le gouvernement souligne que cette grâce présidentielle ne remet nullement en cause les décisions rendues par les juridictions. Elle allège uniquement l’exécution des peines sans effacer les condamnations prononcées. Il s’agit d’une prérogative souveraine reconnue au chef de l’État par la Constitution, régulièrement utilisée dans plusieurs démocraties pour des raisons humanitaires ou à l’occasion de célébrations nationales.
En choisissant la fête de l’indépendance pour signer ce premier décret de grâce, Romuald Wadagni entend conférer une forte portée symbolique à cette décision. À travers ce geste, le nouveau président souhaite offrir une seconde chance aux bénéficiaires tout en rappelant que la justice peut, dans certaines circonstances prévues par la loi, s’accompagner de clémence. Le communiqué insiste sur la nécessité de favoriser la réinsertion des personnes concernées et de renforcer le vivre-ensemble.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’une tradition républicaine observée au Bénin, où les chefs de l’État ont, à plusieurs reprises, accordé des grâces présidentielles lors des fêtes nationales ou d’événements exceptionnels. Toutefois, cette première décision de Romuald Wadagni revêt une dimension particulière, intervenant quelques jours seulement après son investiture et alors qu’il affiche sa volonté de promouvoir une gouvernance fondée sur l’équilibre entre fermeté, justice et solidarité.
Dans son communiqué, l’exécutif béninois résume la philosophie de cette mesure en affirmant qu’« un État fort est aussi un État capable de discernement, d’humanité et de clémence lorsque les circonstances le permettent ». Une déclaration qui traduit l’ambition du nouveau président de placer la cohésion nationale au cœur de son action politique.
Un pouvoir de grâce strictement encadré
Le droit de grâce est une prérogative constitutionnelle accordée au président de la République. Contrairement à une amnistie, il n’annule ni la condamnation ni la culpabilité du bénéficiaire. Il consiste uniquement à réduire ou à supprimer tout ou partie de la peine, sans remettre en cause la décision de justice. Ce mécanisme est généralement utilisé pour des considérations humanitaires, sociales ou dans le cadre de célébrations nationales.
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