Kara, le 30 juillet 2025 –(©AfreePress)- Le Palais des Congrès de Kara a accueilli, les 29 et 30 juillet, la troisième édition du Forum national du dialogue interreligieux, placé sous le thème évocateur : « Religion et Genre ». Ce rassemblement majeur a réuni une centaine de participants issus des sphères religieuse, civile et institutionnelle, dans une volonté affirmée de réconcilier spiritualité et équité sociale.
L’initiative est portée par le ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Chefferie coutumière, à travers la Direction des cultes, avec l’appui technique et financier de la Fondation Konrad Adenauer (KAS) avec pour objectif de scruter l’impact des doctrines religieuses sur la perception et la condition des femmes dans la société togolaise, et encourager une lecture évolutive des textes sacrés à la lumière des exigences contemporaines.

Dans son discours d’ouverture, prononcé au nom du ministre de l’Administration territoriale, Gountibote Gnigbangou, secrétaire général du gouvernorat de la région de la Kara, a salué la tenue de ce forum, qualifiant l’initiative de « cadre propice à la consolidation du vivre-ensemble ». Il a souligné que malgré les garanties constitutionnelles en matière de liberté religieuse, des tensions intercommunautaires subsistent, rendant indispensable ce type d’espace de concertation.
Durant les deux jours, les participants ont été répartis en trois groupes encadrés par des responsables religieux musulmans, chrétiens et traditionnels. Ils ont assisté à une conférence inaugurale sur le thème : « Religion et Genre », animée par un expert universitaire, suivie d’ateliers thématiques abordant des questions aussi fondamentales que la religion légitime-t-elle l’inégalité des sexes ?, la femme contemporaine et la religion, quelle interprétation des textes pour promouvoir l’égalité ?

Ces échanges ont permis une introspection critique sur le rôle des religions dans la reproduction ou la remise en cause des stéréotypes de genre, mais aussi une valorisation des contributions féminines au sein des communautés croyantes.
Kevin Anvo, représentant de Konrad Adenauer, a réaffirmé l’engagement de sa fondation à soutenir les initiatives favorisant la cohésion sociale, les droits humains et le dialogue interreligieux. Il a rappelé que « la résilience des sociétés repose sur un socle de justice, de foi et de reconnaissance mutuelle ».
Alassane Moussa Nawanou, chef division des organisations religieuses à la Direction des cultes, a quant à lui, rappelé que l’égalité entre les sexes constitue un pilier du programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies. Il a exhorté les responsables religieux à faire évoluer leurs enseignements dans le sens d’un respect accru de la dignité humaine, sans distinction de genre.

La cérémonie d’ouverture a vu la participation de figures religieuses de premier plan, à l’image de Monseigneur Jacques Longa, évêque de Kara, le prêtre vodou Apélété Kossi Rémi, et l’imam Hido Mohamed Awali, secrétaire permanent de l’Union musulmane du Togo. Tous ont reconnu la nécessité d’un aggiornamento au sein de leurs confessions respectives pour répondre aux défis de l’époque.
En clôture, les participants ont pris l’engagement de poursuivre ce dialogue interconfessionnel, en vue de bâtir une société plus juste, plus tolérante, et résolument tournée vers l’égalité des chances entre femmes et hommes.
Victoire Kpanake (Kara)









