Lomé, le 7 avril 2025 – (©AfreePress) – Longtemps perçu comme un obstacle naturel à la navigation et à la pêche, le chenal de Gbaga, situé dans le sud-est du Togo entre Zébé et Agbanakin, amorce aujourd’hui une véritable reconversion écologique et agricole. Grâce à une initiative novatrice portée par le projet WACA ResIP, les plantes aquatiques envahissantes qui colonisaient son lit deviennent désormais une ressource précieuse : du compost organique destiné à fertiliser les terres agricoles.
Inscrit dans le cadre des efforts de restauration du littoral togolais, le curage du chenal a permis l’extraction de 21 000 tonnes de biomasse végétale, principalement constituée de jacinthes d’eau, autrefois nuisibles à la navigation et à la pêche. Cette opération de désenvasement a dégagé l’équivalent de 468 m² de surfaces fluviales.
Mais au lieu d’éliminer cette matière végétale, les porteurs du projet ont opté pour une approche durable : sa transformation en engrais naturel. Broyées, séchées puis soumises à un processus de fermentation, les plantes deviennent un compost écologique distribué aux communes riveraines, générant à la fois plus-value agricole et revenus communautaires.
« Avant, ces plantes nous bloquaient l’accès à l’eau et nuisaient à nos activités de pêche. Aujourd’hui, elles représentent une source d’opportunités économiques », témoigne Mme Abla Donsi, résidente d’Agbanakin et actrice de cette dynamique verte.
Plus qu’un simple projet de dragage, WACA ResIP (Programme de gestion du littoral ouest-africain) adopte une logique de valorisation circulaire des ressources naturelles, conciliant restauration environnementale et développement local.

« Nous avons voulu faire plus qu’un simple curage. En valorisant les résidus végétaux, nous créons un impact durable : soutien à l’agriculture, amélioration de la sécurité alimentaire, et dynamisation de l’économie locale », explique Adou Rahim Alimi Assimiou, coordinateur national du projet.
D’un montant global de 4,77 milliards de FCFA, les travaux du projet étaient réalisés à 52 % fin mars 2025. Outre la production d’engrais naturel, le projet ambitionne de restaurer la biodiversité fluviale, relancer l’activité halieutique, stabiliser les berges, et reboiser les zones de mangrove menacées.
Ainsi, le chenal de Gbaga, naguère symbole d’encombrement, devient un vecteur de transition écologique et un levier de développement pour les communautés rurales togolaises. Un bel exemple de résilience locale au service d’un avenir durable.
Anika A.









