©AfreePress-(Lomé, le 04 août juillet 2023)–Au Togo, le harcèlement sexuel en milieu professionnel est un sujet sérieux. Presque tous les secteurs d’activité sont touchés par ce fléau. La police nationale n’est pas épargnée. En témoigne une affaire de ‘’harcèlement sexuel et de promotion canapé’’ qui secoue actuellement cette institution, d’après les informations relayées par le quotidien Liberté dans sa parution n°3840 du lundi 31 juillet 2023.
« L’enquête ouverte suite à des allégations de harcèlement sexuel a déjà conduit à l’arrestation de certains officiers », rapporte le journal.
D’après les faits rapportés par le journal, plusieurs voix internes se sont levées pour dénoncer ces pratiques courantes au sein de la police. Elles indiquent que les femmes policières sont souvent réduites à la définition de leur sexe par leurs supérieurs et collègues masculins. Certaines d’entre elles sont régulièrement victimes d’avances et de harcèlement, et celles qui acceptent ces avances sont favorisées dans leur carrière, affectées à des postes attractifs et promues rapidement.
« Le malaise est profond », écrit le journal, précisant que certaines femmes policières sont même accusées d’être à l’origine de leur propre harcèlement, en faisant des avances à leurs supérieurs ou en escroquant certains hommes influents.
« Ce sont des pratiques qui sont courantes dans notre corps. Nos supérieurs hiérarchiques ou nos collègues de sexe masculin ne voient en nous que notre sexe. Pour eux, malgré les formations que nous avons suivies, nous n’avons que notre sexe à offrir. Et pour un oui ou un non, on te dit sans ambages que tu sais ce qu’il faut donner. Même les femmes mariées sont victimes de ces avances, de ces harcèlements. Celles qui sont faciles et se laissent aller, sont régulièrement désignées pour les missions, affectées à des postes juteux et montent rapidement en grade », explique une source rapportée par ce quotidien.
Certains argents de la Police pointent, au contraire, du doigt leurs collègues féminines d’être à l’origine de cette situation.
« Elles font des yeux doux à leurs supérieurs, les harcèlent presque. Elles escroquent parfois certains hommes aisés. Elles sont les premières auteures de leur harcèlement. Certaines ont même détruit le foyer de leurs collègues. Le mal est très profond et c’est tout le corps qui risque d’en pâtir », confesse un agent.
Interrogée sur la question, la direction générale de la Police nationale affirme n’avoir enregistré aucune plainte à ce sujet, indique le journal.
« A ce jour, aucune femme n’a porté plainte. Nous les avons interrogées, elles ont toutes nié », a fait savoir le Directeur général de la Police, le Colonel Yaovi Okpaoul.
Il faut noter que ce fléau sévit partout, même dans la corporation de la presse togolaise. A l’occasion d’une conférence-débat animée le 28 juillet 2023, l’association des Femmes Professionnelles des Médias du Togo (AFPM-Togo) a levé le voile sur cette réalité et dénoncé des cas.
Raphael A.









