Lomé, le 27 janvier 2025 -(© AfreePress)- Autrefois marqué par des pratiques généralisées de défécation à l’air libre, le canton de Tchitchao, situé à 9 kilomètres de la ville de Kara (420 km au nord de Lomé), est aujourd’hui un exemple remarquable de transformation. Grâce à un projet innovant de biogaz issu du partenariat entre l’État togolais et l’UNICEF, ce village est devenu un modèle en matière d’assainissement, d’agriculture durable et de préservation de l’environnement.
Une technologie au service de l’assainissement
Le dispositif repose sur la méthanisation, un processus biologique qui convertit les matières organiques (excréta humaines ou animales) en méthane, une source d’énergie propre. Les latrines installées dans le village sont reliées à une fosse où les matières organiques fermentent pour produire du gaz. Ce gaz est ensuite transporté par des tuyaux pour alimenter les foyers en énergie domestique.
En parallèle, une seconde fosse recueille les résidus de la méthanisation, riches en nutriments. Ces résidus sont utilisés comme engrais naturel pour les cultures locales, favorisant une agriculture durable. Le dispositif peut également être alimenté par la bouse de vache, assurant une production continue de biogaz.

Une révolution dans les pratiques locales
« Avant, il était courant de voir des gens faire leurs besoins à l’air libre, à toute heure de la journée. Aujourd’hui, ce phénomène a disparu grâce à ce projet et aux nombreuses campagnes de sensibilisation qui l’ont accompagné », explique Potcholé Manzibèdong, un bénéficiaire de la première heure.
Selon lui, l’installation des infrastructures a permis à presque tous les ménages de disposer de leurs propres sanitaires. « Ceux qui n’en ont pas viennent utiliser les nôtres, ce qui ne nous dérange pas, car nous avons besoin de suffisamment d’excréta pour produire du biogaz et de l’engrais », ajoute-t-il.
Des bénéfices multiples pour la communauté
L’impact du biogaz à Tchitchao dépasse largement le cadre de l’hygiène. L’engrais naturel produit par le dispositif a permis d’améliorer significativement la fertilité des sols et la productivité des cultures maraîchères.
« Cet engrais est tellement efficace que nos voisins viennent s’en procurer pour leurs champs », témoigne M. Potcholé.
De plus, le biogaz a réduit la dépendance des habitants au bois de chauffage, limitant ainsi l’abattage incontrôlé des arbres. Ce progrès contribue à préserver l’environnement et à lutter contre la déforestation.
Une approche durable et reproductible
Au-delà des infrastructures, le projet inclut des formations pour permettre aux habitants de maîtriser la technologie et de l’étendre à d’autres ménages et villages. Cette démarche participative assure la pérennité de l’initiative et renforce son impact.
Des progrès significatifs au niveau national
Entre 2019 et 2022, le taux de défécation à l’air libre au Togo est passé de 42,5 % à 39,5 %. Cette baisse résulte des efforts conjugués du gouvernement et de ses partenaires, dont l’UNICEF.
Anika A.










