Lomé, le 24 janvier 2026-(©AfreePress)- La République togolaise, à travers le ministère des Affaires étrangères, a officiellement annoncé une initiative d’envergure visant à promouvoir la célébration d’un Nouvel An africain, fondé sur les repères historiques et culturels du continent.
Dans un communiqué rendu public par le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration africaine de la République du Togo, et dont l’agence de presse AfreePress a reçu copie, les autorités soulignent la nécessité pour l’Afrique de restaurer son propre système de mesure du temps, profondément altéré par les bouleversements historiques, notamment la colonisation et l’imposition du calendrier grégorien.
Selon le document officiel, l’Afrique, berceau de l’humanité et riche d’une diversité civilisationnelle plurimillénaire, disposait de cycles calendaires endogènes structurés autour de repères cosmogoniques et sociétaux. Ces systèmes rythmaient la vie communautaire et consacraient des événements majeurs à forte portée symbolique.
Toutefois, les ruptures historiques, marquées par la traite négrière et la colonisation, ont désorganisé ces référentiels temporels. L’adoption du calendrier grégorien, perçue comme une norme universelle, aurait progressivement marginalisé les rythmes culturels africains, contribuant à une forme d’acculturation et d’effacement identitaire.
Dans un contexte international caractérisé par l’émergence d’un ordre multipolaire, les autorités togolaises estiment impératif que l’Afrique affirme davantage sa souveraineté culturelle. L’instauration d’un Nouvel An africain s’inscrirait ainsi dans une dynamique de réaffirmation identitaire et de valorisation du patrimoine immatériel du continent.
À cet effet, le Togo, qui assure la présidence du Haut comité sur la Décennie des racines africaines et de la diaspora africaine, prévoit d’engager, en collaboration avec l’Union africaine, des consultations avec des experts africains et des représentants de la diaspora. L’objectif est de proposer une date consensuelle fondée sur des références historiques, culturelles et cultuelles solides.
Un colloque international sera prochainement organisé à Lomé afin d’approfondir les réflexions sur cette thématique. Les conclusions des travaux seront soumises à la Commission de l’Union africaine pour examen et éventuelle adoption.
Les autorités précisent que cette démarche s’inscrit dans la mise en œuvre des recommandations majeures du 9ᵉ Congrès panafricain tenu à Lomé en décembre 2025, notamment celles relatives à la décolonisation des imaginaires et à la réinvention des paradigmes africains de développement.
Au-delà de la dimension symbolique, l’initiative ambitionne de repositionner l’Afrique comme une puissance culturelle autonome, capable de définir ses propres repères temporels et de consolider son unité autour de références communes.
Olivier A.









