Lomé, le 3 avril 2024-(©AfreePress)-Depuis le vote de la loi portant modification de la Constitution le 25 mars 2024, le parti « Le Nouvel Engagement Togolais » (NET) peine à retrouver son équilibre.
De jour en jour, le parti dirigé par Gerry Komandega Taama s’enfonce dans la crise qui se matérialise par des « injures verbales » entre les premiers responsables et des règlements de comptes sur les réseaux sociaux.
Cette crise tire sa raison de la position défendue par certains députés issus du parti de M. Taama sur le vote de la nouvelle Constitution togolaise intervenu le 25 mars 2024 à l’Assemblée nationale.
Les députés du NET, dont son président Gerry Taama, avaient été accusés de trahison de leur parole en votant « pour » la révision constitutionnelle alors qu’ils avaient promis de faire le contraire.
« Les députés du NET nous ont trahis et ne méritent pas notre confiance, sauf s’ils nous montrent une preuve formelle de leur vote », a réagi Moïse Gnofam, conseiller spécial du président Gerry Taama sur les réseaux sociaux.
Pour manifester son désaccord avec l’acte posé par les députés du NET le soir du 25 mars, celui-ci a tout simplement annoncé sa démission du parti.
Cette démission a été suivie par celle de la 2e Vice-présidente du NET, Mme Koumayi Bikonibiyate. Dans un courrier daté du 2 avril 2024, transmis à la Cour constitutionnelle, celle-ci informe la Cour constitutionnelle du retrait de sa candidature aux élections législatives du 20 avril 2024 de la liste du NET dans la circonscription électorale de Bassar. Elle en veut également aux députés du NET qui ont voté « pour » le changement de régime.
Le président du NET, également président du groupe parlementaire NET-PDP, Gerry Taama, a déplacé le débat sur les réseaux sociaux.
« À la veille d’une élection majeure, on a essayé de détruire la réputation de la seule personne qui faisait encore consensus dans le paysage politique togolais et vous avez participé à cette mise à mort, sans jamais vous poser la question de savoir quel intérêt j’aurais à demander ouvertement le rejet d’une loi, alors que je pouvais fabriquer les arguments pour la faire accepter. Vous reconnaissez au moins mon éloquence. On ne jette des cailloux qu’à l’arbre qui porte des fruits », écrit Gerry Taama sur sa page Facebook.
Mais les arguments présentés par le président du NET ne semblent pas avoir convaincu ni les internautes ni ses collaborateurs démissionnaires, puisque ces derniers ont fondu sur lui comme un seul homme en le traitant de tous les noms d’oiseau.
En expliquant les motivations de sa démission du NET, Moïse Gnofam Mani a invité Gerry Taama à cesser de l’indexer comme étant la source de ses malheurs.
« Vous continuez à vouloir me salir en vous enfonçant. Pour la dernière fois, cessez de faire allusion à ma personne. Et si j’ai gardé le silence malgré les preuves de votre mauvaise foi en ma possession, c’est justement pour que cela n’impacte pas négativement la campagne de mes braves anciens compagnons candidats, qui méritent malgré tout, individuellement pris, la confiance des populations pour lesquelles ils se battent », a-t-il fait savoir.
Jusqu’où ira cette bataille entre anciens coreligionnaires ou camarades de lutte politique ? L’avenir nous le dira.
Raphaël A.









