©AfreePress-(Lomé, le 12 octobre 2023)- Le secteur bancaire togolais a connu une évolution significative depuis les années 70. Alors qu’il ne comptait que six banques dans les années 90, le Togo a vu le nombre d’établissements de crédit augmenter à dix en 2010.
Cette transformation du paysage bancaire découle des réformes entreprises par le gouvernement togolais à partir de 2006, notamment dans le cadre du Projet Secteur Financier et Gouvernance (PSFG).
Ces réformes ont englobé des initiatives telles que l’assainissement du secteur bancaire par la titrisation des créances du secteur privé auprès des banques, le Programme de développement du secteur financier, et le programme de privatisation des banques à capitaux publics.
Pendant la décennie de 2010 à 2020, le paysage bancaire togolais a été renforcé par l’arrivée de filiales de groupes bancaires régionaux et internationaux. Certaines de ces banques ont acquis des établissements à capitaux publics, comme Orabank, BIA-Togo, SUNU Bank et IB Bank, tandis que d’autres ont été attirées par les conditions et les perspectives prometteuses du Togo. Parmi les institutions financières internationales qui ont investi au Togo, on compte la BOA, Banque Atlantique, Coris Bank International, NSIA Bank, Société Générale et la Banque de Développement du Mali.
Apport du secteur bancaire à l’économie
Selon les données publiées par la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) sur le Togo, le crédit à l’économie rapporté au PIB entre 2018 et 2023, se maintient à un niveau relativement stable, avoisinant les 30 %. À l’échelle de l’UEMOA, ce chiffre est d’environ 27,6 %. Ces chiffres indiquent que le secteur bancaire joue un rôle significatif dans l’économie togolaise, en comparaison avec l’ensemble de l’Union.
En matière de gouvernance, il est important de noter que le contrôle du secteur bancaire par l’État ne constitue pas nécessairement un gage de financement accru pour l’économie. Le rôle fondamental d’une banque est d’octroyer des crédits tout en réalisant des bénéfices. Dans ce domaine, les banques ne font généralement pas de distinction, mais exigent que les demandeurs de crédit présentent des projets viables avec un niveau de risque acceptable pour l’établissement bancaire.
Il convient de préciser que la majorité des banques présentes sur le marché togolais sont des filiales de groupes bancaires étrangers. Ces groupes ne sont pas contrôlés par leur État d’origine, mais sont des entités privées. Ils cherchent à étendre leur présence dans les pays offrant des conditions favorables, telles que la croissance économique, la stabilité politique, les réformes et la sécurité. Le Togo a su attirer ces groupes bancaires régionaux et internationaux grâce à ces conditions attractives.
L’efficacité de la gestion privée dans le secteur bancaire
Les banques contrôlées par des actionnaires privés permettent de répartir le risque entre de multiples actionnaires, ce qui limite le risque d’une défaillance unique ayant un impact majeur. Ces banques sont généralement mieux gérées que celles contrôlées par l’État, ce qui constitue une leçon tirée de l’expérience passée du Togo.
Sur le plan international, la tendance est à un désengagement de l’État du secteur bancaire. Cette approche vise à permettre une meilleure régulation et surveillance des banques privatisées, afin de prévenir les comportements risqués et les abus. Le Togo suit cette tendance en favorisant la gestion privée dans le secteur bancaire.
Raphaël A.









