Lomé, le 25 janvier 2026- (©AfreePress) – À Sarakawa, dans la préfecture de la Kozah, la terre demeure dépositaire d’une mémoire lourde de ruptures historiques et de serments irrévocables. C’est en ce lieu hautement symbolique que le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a procédé, en ce jour anniversaire de l’attentat de Sarakawa, au dépôt d’une gerbe au mausolée de la localité, à 15h37, heure précise du drame. Par ce geste solennel, il s’est incliné devant la mémoire des illustres disparus du tragique 24 janvier 1974.
La cérémonie, placée sous la haute autorité du Président du Conseil, s’est déroulée en présence de personnalités administratives, politiques et militaires de premier plan. Elle a replongé l’assistance dans la gravité d’un événement qui, cinquante-deux ans plus tard, continue de marquer profondément la conscience nationale. Ce jour-là, le ciel togolais fut assombri par l’un des épisodes les plus dramatiques, mais aussi les plus structurants, de l’histoire contemporaine du pays.

En effet, l’aéronef transportant le Président Gnassingbé Eyadéma s’était écrasé à Sarakawa dans un attentat criminel savamment orchestré. Si le Père de la Nation en sortit miraculeusement vivant, avec quelques blessures, plusieurs de ses compagnons et compatriotes périrent, inscrivant par leur sacrifice une page douloureuse mais fondatrice de la mémoire collective togolaise.
La commémoration de Sarakawa s’érige ainsi en acte de fidélité à l’histoire et en réaffirmation solennelle de la trajectoire choisie par le peuple togolais. À cette occasion, l’assistance a réécouté le discours historique retraçant les circonstances de l’attentat, tel que rapporté par feu le général Améyi, dont les paroles continuent de résonner comme des repères mémoriels.
Dans ce récit, chaque mot rappelle que la survie de la Nation fut le fruit d’une convergence décisive : la foi, la lucidité stratégique et l’attachement indéfectible du peuple togolais à sa souveraineté. Mais c’est surtout la voix du Père de la Nation, surgissant du passé, qui a une fois encore interpellé les consciences. Sa phrase devenue emblématique, « Un coup isolé n’arrête pas le combat », traverse le temps comme un héritage politique et moral, résumant l’esprit de Sarakawa : la résilience face à l’adversité et la constance dans la lutte.
Dans son allocution, le ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, Hodabalo Awaté, a rappelé la portée structurante de cette date dans l’édification du Togo moderne. Selon lui, Sarakawa a ouvert la voie à des choix audacieux, notamment la nationalisation des ressources stratégiques, permettant à l’État togolais de reprendre la maîtrise de son destin économique et de poser les bases de grandes réalisations structurantes à l’échelle nationale.

Ce moment de rupture a ainsi transformé une tentative de déstabilisation en acte fondateur de renaissance. Au-delà de la mémoire, Sarakawa s’inscrit aujourd’hui dans une continuité politique assumée, incarnant une vision durable de souveraineté et de dignité nationale.
La commémoration du 24 janvier s’impose dès lors comme un triple impératif : devoir de mémoire envers les disparus, devoir de vigilance face aux menaces contemporaines, et devoir de fidélité à une ambition d’indépendance économique et de souveraineté nationale. Sarakawa rappelle, avec force, que la bravoure d’un peuple et la clarté d’un leadership peuvent transformer l’épreuve en opportunité historique.
Albertine A.









