Lomé, le 27 novembre 2025-(©AfreePress)- La campagne nationale « Homme Allié » a été officiellement lancée, mercredi 26 novembre 2025. Il s’agit d’une initiative d’envergure destinée à promouvoir la masculinité positive et à encourager la participation active des hommes dans l’autonomisation socioéconomique des femmes.
Cette action est portée par le Ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance (MSGFPE), avec l’appui de la Coopération allemande à travers le projet ProEmploi+ mis en œuvre par la GIZ.

La cérémonie de lancement a été présidée par Kodjo Yodo, Inspecteur des Services représentant la Ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance. La rencontre a rassemblé responsables institutionnels, partenaires techniques et financiers, organisations de la société civile, médias ainsi que les 135 Agents de Changement mobilisés dans les cinq régions du pays.
Dans son intervention, Kodjo Yodo a insisté sur le rôle incontournable des hommes dans la construction d’une société égalitaire et harmonieuse. « Soutenir l’épanouissement de la femme ne diminue en rien l’homme. C’est un investissement pour l’avenir du foyer et de la nation. L’autonomisation féminine ne peut se réaliser sans l’engagement actif des hommes », a-t-il laissé entendre, tout en saluant l’appui stratégique apporté par la Coopération allemande.
Au nom de la coopération allemande, Dr Bettina Campos, Cheffe du projet ProEmploi+ de la GIZ Togo, a rappelé, a rappelé que la campagne s’inscrit dans le cadre de la quatrième composante du programme, dédiée au renforcement de la participation des femmes et des groupes vulnérables dans les décisions relatives à l’emploi. Elle a insisté sur la contribution déterminante des 135 Agents de Changement, désormais chargés de déconstruire les stéréotypes et de sensibiliser au moins 10 000 hommes à travers le territoire.
Au Togo, les normes socioculturelles continuent de limiter l’accès des femmes à l’éducation, aux emplois qualifiés et aux postes de décision. Une étude nationale révèle notamment qu’un homme sur deux estime devoir « diriger » la femme, un indicateur révélateur de la persistance de conceptions inégalitaires.
La campagne « Homme Allié » ambitionne de renverser cette dynamique en valorisant un modèle masculin fondé sur le respect, la coresponsabilité et la complémentarité. « Être un Homme Allié, c’est avancer avec les femmes, et non contre elles », rappelle la communication officielle.
Les Agents de Changement – dont 93 issus des communautés et 42 provenant d’institutions d’emploi telles que l’ANPE ou l’ANVT – ont été spécialement formés pour agir comme relais communautaires. Leaders religieux, enseignants, animateurs, responsables locaux ou professionnels de services publics, ils incarnent un modèle positif de partage des responsabilités familiales, sociales et professionnelles.

La campagne déploie également un important dispositif médiatique conçu par l’agence LYDER Group. Celui-ci comprend, la bande dessinée dénommée « Nafi & Kevin », illustrant le parcours d’une jeune fille encouragée par son frère dans sa formation technique. La campagne comprend également, des spots vidéo et audio « Kevin, l’allié », un podcast intitulé « Les Hommes Alliés », animé par Tonton Bruno, une application web interactive avec le quiz « Teste ton niveau d’Homme Allié », une caravane nationale et diverses activités de terrain.
Bien que prévue pour une durée de deux mois, la campagne s’inscrit dans une dynamique pérenne. Selon Mme Folly-Notsron Dédé, Directrice de la coopération au MSGFPE, le travail s’inscrit dans la durée. « La mobilisation ne s’achève pas avec la campagne. Les Agents de Changement continueront d’éduquer, de convaincre et d’inspirer », a-t-elle fait savoir tout en invitant les hommes à dépasser l’idée selon laquelle ils seraient les seuls décideurs du foyer et à accompagner résolument les ambitions professionnelles et personnelles des femmes.
« Soutenir une femme, ce n’est pas lui donner la force : elle l’a déjà. C’est lui offrir les moyens de briller », a indiqué de son côté, Dr Bettina de Campos.
Albertine A.









