Lomé, le 17 octobre 2025- (©AfreePress)- L’intelligence artificielle (IA) s’impose aujourd’hui comme un outil incontournable dans les salles de rédaction. Mais son usage sans garde-fou pourrait bien menacer l’un des piliers de la démocratie qu’est la liberté de la presse.
Ce constat a nourri les échanges d’un webinaire organisé, vendredi 17 octobre 2025 par l’Université de Kara (UK), avec l’appui de l’Observatoire Togolais des Médias (OTM), autour du thème : « Comment préserver la liberté de la presse face à l’intelligence artificielle en exploitant ses opportunités et en mitigeant ses risques ? ».
Ce webinaire est organisé dans le cadre du projet Promouvoir la liberté d’expression et des médias et protéger les défenseurs des droits de l’homme au Togo.
Dr Komlan Azialé, maître de conférences en philosophie politique et sociale, a indiqué dans son intervention, que l’intelligence artificielle n’est pas seulement une innovation technologique, mais une véritable révolution cognitive, capable de reproduire certains processus de la pensée humaine. Selon lui, si l’IA ouvre des perspectives inédites pour la production et la diffusion de l’information, elle comporte également des risques de dérive liés à la censure algorithmique, à la manipulation des contenus et à la surveillance automatisée.
« La liberté de la presse est un fondement de toute société démocratique. Au Togo, elle est garantie par la Constitution et par le Code de la presse et de la communication de 2020. Mais son exercice exige désormais une vigilance accrue face aux technologies capables d’influencer ou de biaiser l’information », a averti l’orateur.
De son côté, Dr Mouzou Palakyèm, maître de conférences en linguistique à l’Université de Kara, a insisté sur la nécessité d’un usage raisonné et responsable de l’IA dans le travail journalistique. Il a salué les apports de ces technologies dans la vérification des faits, l’automatisation des tâches ou encore la veille informationnelle, tout en mettant en garde contre les dérives possibles qu’elles peuvent engendrer à savoir déshumanisation de l’écriture, uniformisation des contenus et érosion de la diversité des points de vue.
Les participants ont unanimement appelé à la formation continue des journalistes, à la supervision humaine des systèmes d’IA et à l’élaboration d’une charte éthique nationale sur l’utilisation des technologies émergentes dans les médias.
Pour eux, l’intelligence artificielle ne doit pas être perçue comme une menace, mais comme un levier d’innovation au service d’un journalisme libre, crédible et profondément humain.
Albertine A.










