Lomé, le 12 août 2025 -(©AfreePress)- Face à une série d’interdictions de manifestations pacifiques, plusieurs organisations de la société civile ont lancé, mardi 12 août, un appel à observer une journée « Togo Mort ». Ce sera le samedi 16 août 2025. Regroupant le Front Citoyen Togo Debout, la Novation internationale et plus d’une vingtaine d’associations, elles dénoncent ce qu’elles qualifient de « politique de mensonge d’État » et de « répression systématique » des libertés fondamentales.
Les organisateurs affirment avoir essuyé trois refus successifs de la part du ministère de l’Administration territoriale, malgré des déclarations préalables conformes à la loi.
Le premier refus, daté du 10 juillet 2025, est intervenu en pleine campagne des élections municipales. Le gouvernement évoquait alors un « climat d’euphorie et d’agitation » nécessitant une stricte gestion de l’ordre public, ont rappelé les organisateurs.
Le second veto, qui date du 23 juillet, est survenu après le scrutin du 17 juillet. Bien que la campagne soit close et les résultats provisoires proclamés, les autorités ont invoqué un « processus électoral encore en cours » en raison des recours pendants devant la Cour suprême. Un argument jugé fragile par les OSC, qui rappellent que les contentieux électoraux ne suspendent pas le droit de manifester.
Le troisième refus, le 7 août, marque selon elles un tournant. Le ministère a mis en avant le risque de « bousculades » sur un itinéraire longeant la lagune de Bè, où des corps ont récemment été repêchés. S’y ajoutent des « appels à la haine » et des « attaques contre les forces de l’ordre », ainsi qu’une enquête judiciaire en cours, rendant selon les autorités toute manifestation « prématurée ».
Pour David Dosseh, porte-parole du Front Citoyen Togo Debout, il s’agit désormais d’« un interdit général, jusqu’à nouvel ordre, de toute manifestation pacifique ». « On ne nous refuse plus une marche, on nous interdit de penser, de pleurer, de demander justice », déplore-t-il.
Le « Togo Mort » annoncé se veut une journée de désobéissance civile. Les OSC veulent des commerces fermés, des activités suspendues, un silence collectif. « Refus de la soumission, refus de l’oubli, refus du bâillon », résument les organisateurs.

L’initiative pourrait être suivie d’actions plus directes. Le M66, collectif citoyen émergent, a déjà annoncé une grande manifestation nationale pour le samedi 30 août, « pour nos martyrs, notre liberté, notre Constitution et les détenus politiques ».
Les OSC rappellent enfin que le Togo est signataire de plusieurs conventions internationales garantissant les droits civils et politiques, et appellent au respect de l’article 30 de la Constitution togolaise et de l’article 11 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
Olivier A.









