Lomé, le 25 juillet 2025 –(©AfreePress)- Le climat postélectoral s’alourdit au Togo à la suite de révélations troublantes faites par le Sénateur Abass Kaboua dans une vidéo abondamment relayée, au sujet de fraudes massives présumées lors des élections municipales de 2025, notamment dans les circonscriptions de Danyi et Akébou.
Lors d’un entretien exclusif accordé à la presse jeudi 24 juillet, le parlementaire a mis en cause des figures de l’opposition dans ce qu’il qualifie de « manipulations électorales systématisées », appelant à une réaction ferme des autorités judiciaires.
Parmi les faits les plus choquants, le Sénateur a évoqué l’arrestation d’Amélan Médi, conseiller municipal et militant du parti ADDI, retrouvé avec 144 cartes d’électeurs, dont 44 appartenaient à des personnes décédées.
« Il se rend dans des funérailles pour fouiller les cercueils à la recherche de cartes d’électeurs. C’est inqualifiable », a-t-il accusé sans toutefois mettre en évidence les preuves de ses accusations.
Selon ses dires, d’autres cartes auraient été utilisées pour faire voter des résidents de Lomé à Danyi et Akébou, avant d’être réutilisées pour un second vote dans la capitale.
Sans faire d’exception, le Sénateur a également cité des cas similaires dans les rangs de la DMK, dénonçant un climat politique délétère où la tricherie devient banale. « Quand on triche et qu’on prie ensuite, c’est extrêmement troublant. On ne sait plus qui est honnête, qui est corrompu », a-t-il ajouté avec gravité.
Sur les résultats proclamés par la CENI, Kaboua se dit consterné. Le parti UNIR aurait remporté 1 150 conseillers municipaux sur 1 527, laissant, selon lui, des « miettes » à l’opposition. Un recours a été introduit auprès de la Cour suprême, dans l’espoir d’un réajustement de ces résultats.
Il a par ailleurs dénoncé une campagne électorale violente dans la circonscription de Danyi, évoquant des accusations graves visant certains membres du parti UNIR, soupçonnés d’être impliqués dans des assassinats et des disparitions de corps jetés dans la lagune de Bè à Lomé. « Le pays est en train de sombrer dans l’impunité organisée », a-t-il martelé.
Le Sénateur appelle à une prise de conscience nationale, exhortant tous les acteurs politiques, y compris l’opposition, à ne pas se contenter de critiques internes mais à œuvrer pour la transparence, l’intégrité et l’unité nationale. Il a également interpellé la Cour suprême, priée de trancher avec responsabilité dans ce contexte explosif.
Albertine A.









