Kampala, le 17 février 2025 – (AfreePress) – Le 22e Congrès et Exposition de l’Association Africaine de l’Eau (AAE) a officiellement ouvert ses portes à Kampala en Ouganda le 16 février 2025 avec une série de sessions stratégiques visant à débattre des enjeux cruciaux du secteur de l’eau et de l’assainissement en Afrique. L’un des moments forts de ce congrès a été le débat intergénérationnel consacré à l’apport des jeunes professionnels et des experts chevronnés dans la pérennisation et l’innovation du secteur.
Jeunesse et expérience : Une complémentarité indispensable
Ce débat intergénérationnel a permis de mettre en lumière les contributions respectives des professionnels aguerris et des jeunes talents dans la gestion de l’eau et de l’assainissement en Afrique. Les experts confirmés, forts de leur expérience et de leur réseau, jouent un rôle d’orientation et de mentorat essentiel. Ils apportent une expertise stratégique, une compréhension des enjeux historiques et une capacité à mobiliser des ressources. De leur côté, les jeunes professionnels, dynamiques et innovants, introduisent des approches technologiques modernes et repensent les modèles traditionnels grâce à leur maîtrise des outils numériques, ont défendu les experts membres de ce panel.

Des stratégies pour une collaboration intergénérationnelle efficace
Pour assurer une synergie efficace entre ces deux générations, plusieurs recommandations ont été formulées à savoir le renforcement du mentorat par la création des programmes de transmission des savoirs entre professionnels seniors et jeunes talents., la promotion de la formation continue en commençant par adapter les cursus académiques aux réalités du terrain et aux mutations du secteur. Selon les panélistes, il faudrait également encourager l’adoption des nouvelles technologies par l’intégration des outils numériques afin d’améliorer l’efficacité de la gestion de l’eau et de l’assainissement et faciliter l’accès aux responsabilités pour les jeunes
Assainissement et accès à l’eau : Les défis de l’Afrique
Un autre point clé de ce congrès a été la question de l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement en Afrique. Dr Koné Doulaye, représentant de la Fondation Bill & Melinda Gates, a au cours de son panel, souligné l’importance de mobiliser la jeunesse africaine autour des enjeux de l’eau et de l’assainissement. Il a mis en avant l’engouement croissant des jeunes professionnels pour ce secteur, qui constitue, selon lui une opportunité majeure pour garantir un avenir durable.
« Il est crucial de réduire la dépendance de l’Afrique vis-à-vis de l’aide internationale en renforçant nos propres mécanismes de financement et en favorisant les partenariats publics-privés », a-t-il déclaré.
L’innovation au service de l’assainissement

L’une des sessions phares du deuxième jour a été consacrée à l’innovation en matière d’assainissement. Les intervenants ont présenté plusieurs solutions technologiques, dont la toilette CRST, une innovation hors réseau qui transforme les déchets en galettes sanitaires, et la norme ISO 30500, qui vise à réglementer les systèmes d’assainissement autonomes. L’urgence climatique et les crises sanitaires actuelles rendent indispensable l’adoption de ces technologies pour préserver la santé publique et garantir un accès équitable à l’eau potable, ont-ils indiqué.
Vers un modèle durable : Une vision africaine pour l’eau et l’assainissement
Lors d’un panel consacré à la gouvernance du secteur, Olivier Gosso, Directeur Exécutif de l’AAE, a insisté sur la nécessité de passer à l’action. « Nous ne sommes plus à l’étape de la recherche de solutions, elles existent déjà. Notre défi aujourd’hui est de les mettre en œuvre efficacement. Il existe des réponses, et il existe des solutions et ces solutions peuvent être adaptées. Il suffit simplement que nous mettions en place des stratégies et des approches qui peuvent nous permettre de les implémenter de manière très efficace », a-t-il affirmé.
D’autres experts, à l’instar d’Omar Sen, Directeur de l’Assainissement au Ministère de l’Assainissement du Sénégal, ont partagé les avancées de leur pays. Le Sénégal, par exemple, a intégré le secteur privé dans la gestion des services d’eau et d’assainissement, un modèle qui pourrait inspirer d’autres nations africaines.
Changement climatique et eau : Une urgence pour l’Afrique

Dr Rachid a quant à lui, abordé la question de l’impact du changement climatique sur les ressources hydriques du continent. L’urbanisation galopante, la croissance démographique et les crises environnementales menacent la sécurité hydrique. Il a insisté sur l’urgence d’adopter une approche multisectorielle intégrant gouvernance efficace, lutte contre la corruption et engagement politique pour renforcer la résilience des infrastructures d’eau et d’assainissement.
Un appel à l’action
Le 22e Congrès Africain de l’Eau met en évidence un consensus clair : l’Afrique dispose des solutions pour améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Toutefois, leur mise en œuvre effective nécessite une volonté politique forte, des investissements durables et une collaboration intergénérationnelle renforcée. Les discussions se poursuivent pour définir les prochaines étapes vers un avenir hydrique sécurisé et durable pour le continent africain.
Olivier ADJA









