Lomé, le 29 septembre 2026-(©AfreePress)- Chaque matin, et ce depuis six ans, Richard Pépé troque le micro, la caméra et les projecteurs contre la craie, le tableau et les questions de ses élèves. Comédien à ses heures perdues et enseignant de profession dans une école privée, cet artiste mène une double vie où la scène et la salle de classe se rejoignent autour d’une même passion : transmettre. Entre humour, pédagogie et engagement pour la jeunesse, Richard Pépé raconte à AfreePress son parcours, ses débuts dans la comédie et les raisons qui l’ont conduit à embrasser le métier d’enseignant.
Agence AfreePress : Qui est Richard Pépé à l’état civil ?
Richard Pépé : Je suis MAIKOU Kossi Richard à l’état civil. Je suis enseignant dans une école privée. J’enseigne depuis six ans et je suis actuellement dans ma deuxième année dans cet établissement situé à Djagblé.
À première vue, rien ne semble rapprocher l’univers de la comédie de celui de l’enseignement. Pourtant, derrière les éclats de rire du public se cache également un véritable pédagogue. J’essaie, du mieux que je peux, de transmettre mes connaissances à mes élèves et de les accompagner dans leur formation.
Agence AfreePress : Comment êtes-vous arrivé à la comédie ?
Richard Pépé : C’est venu naturellement. Faire rire les gens a toujours été l’un de mes points forts. Quand je ne suis pas à la maison, on ressent parfois que l’ambiance est différente. J’avais commencé par faire rire ma mère et mes frères à la maison. C’est véritablement là que tout a commencé.
À l’époque, nous n’avions pas beaucoup de moyens, même pas de radio. Il fallait donc faire avec les moyens du bord pour maintenir la bonne humeur à la maison.
Par la suite, nous avons eu un téléphone Android. J’ai commencé à réaliser de petites vidéos que je publiais sur les réseaux sociaux. Comme cela commençait à intéresser les gens et à prendre de l’ampleur, je me suis dit : pourquoi ne pas continuer ?
C’est ainsi que j’ai progressivement pris goût à la comédie et à la création de contenus humoristiques.
Agence AfreePress : Avec l’avènement des réseaux sociaux, la comédie peut-elle réellement nourrir son homme au Togo ?
Richard Pépé : Vous savez, tout dépend de l’activité que l’on mène et de l’environnement dans lequel on évolue. La comédie peut permettre de gagner sa vie, mais elle peut aussi ne pas suffire à elle seule.
Pour ma part, je considère que la comédie seule ne suffit pas. C’est d’ailleurs pour cette raison que je mène d’autres activités, notamment l’enseignement. Cela me permet de partager mes connaissances avec les enfants, les élèves et mes collègues.
Aux autres comédiens qui ne disposent pas d’autres compétences ou activités, je leur conseille de travailler, de persévérer et surtout de cultiver l’entente entre eux. La division et la haine peuvent freiner le développement de n’importe quel projet, quel que soit le degré d’amour que l’on porte à celui-ci.
Je les invite donc à s’aimer davantage, à se soutenir et à travailler ensemble, d’abord pour le bien de la comédie et ensuite pour leur propre épanouissement.
Agence AfreePress : De la comédie à l’enseignement, pourquoi avoir choisi d’enseigner ?
Richard Pépé : J’aime les enfants et j’aime particulièrement les endroits où il y a de l’animation. C’est pourquoi j’ai choisi d’être à leurs côtés.
J’enseigne depuis six ans et je suis arrivé dans la zone de Djagblé il y a deux ans. Le fait de pouvoir m’amuser comme un enfant me procure une grande joie. Rester aux côtés des enfants, partager avec eux mon savoir, mon savoir-faire et mon savoir-être représente pour moi une véritable source d’épanouissement.
Face au tableau, je mobilise certaines des mêmes qualités qui me servent sur scène : l’expression orale, la maîtrise du public, l’improvisation et surtout la capacité à capter l’attention.
Être comédien m’aide beaucoup dans la salle de classe. Une plaisanterie au bon moment, une mise en situation ou encore une petite scène improvisée peuvent suffire à rendre une leçon plus vivante et à faciliter la compréhension des élèves.
Pour moi, enseigner n’est donc pas seulement un moyen de subsistance. C’est également une autre manière de transmettre son expérience et de contribuer à la formation de la jeunesse.
Interview réalisée par René BLEWOUSSI











