
Lomé, le 31 juillet 2026 (©AfreePress) Le gouvernement togolais passe à la dernière étape de son opération de libération des occupations irrégulières du domaine public. Réunies le vendredi 31 juillet 2026 à Lomé, les autorités ont annoncé qu’un ultime délai de trois semaines est accordé aux occupants du littoral du Grand Lomé et des communes du littoral de la préfecture des Lacs pour retirer volontairement leurs installations. À l’issue de ce délai, les services compétents procéderont à leur enlèvement conformément aux dispositions légales.
L’annonce a été faite lors d’un point de presse animé par le gouverneur du District autonome du Grand Lomé (DAGL), Mme Zouréhatou Kassah-Traoré, en présence notamment du ministre du Développement local et maire de Golfe 1, Koamy Gbloekpo Gomado, du préfet du Golfe, Kossivi Agbodan, du préfet des Lacs , Datè Benissan-Tétévi, et des membres du comité ad hoc chargé de conduire l’opération.
Pour le gouverneur, cette intervention répond à un impératif de préservation du domaine public, de protection de l’environnement côtier et de restauration de l’autorité de l’État. « Le domaine public constitue un patrimoine collectif. Il appartient à tous et ne saurait faire l’objet d’une appropriation privative en dehors des conditions prévues par les textes en vigueur », a-t-elle rappelé.
Les autorités ont souligné que cette opération est l’aboutissement d’un processus de concertation engagé depuis juin 2025 avec les occupants du littoral, notamment les tenanciers de bars. À leur demande, plusieurs délais leur ont été accordés pour démonter volontairement leurs installations. Initialement prévue pour fin février 2026, la libération des emprises a été reportée au 31 mars, puis au 30 juin 2026. Après l’expiration de cette dernière échéance, les représentants des exploitants ont proposé un nouveau calendrier fixant la libération des lieux au 4 janvier 2027, une proposition rejetée par les autorités qui ont décidé d’accorder un ultime délai de trois semaines.
Répondant aux questions des journalistes, Mme Zouréhatou Kassah-Traoré a exclu toute indemnisation des occupants concernés. Elle a précisé que seules les personnes disposant de droits de propriété peuvent être indemnisées dans le cadre de projets d’utilité publique. « Lorsqu’on s’installe sur un domaine public, il ne peut pas être question d’indemnisation », a-t-elle affirmé, citant en exemple les indemnisations accordées lors des travaux d’élargissement de la route nationale n° 5.

Le ministre et maire de la commune Golfe 1, Koamy Gbloekpo Gomado, a rappelé que les autorisations accordées à certains exploitants étaient strictement provisoires et prévoyaient que l’État pouvait récupérer les emprises à tout moment. Il a également indiqué que la commune avait cessé de percevoir les taxes liées à ces occupations avant le lancement de l’opération. Quant à une éventuelle relocalisation des exploitants, il a estimé qu’elle pourrait faire l’objet d’une réflexion ultérieure.
De son côté, le préfet du Golfe, Kossivi Agbodan, a indiqué que les différentes visites de terrain effectuées après les délais accordés n’ont révélé pratiquement aucun début de désinstallation, à l’exception d’une seule structure ayant fermé ses portes. « L’opération n’est dirigée contre aucune personne ni contre aucune activité économique. Elle vise à restaurer le domaine public afin que les générations présentes et futures puissent en bénéficier », a-t-il déclaré.
Les autorités assurent enfin que cette opération, conduite par un comité ad hoc regroupant plusieurs ministères, les collectivités territoriales et les services techniques, s’inscrit dans une politique de développement urbain respectueuse des règles d’urbanisme, de la protection du littoral et de la préservation de l’environnement.
Albertine A.









