Lomé, le 11 août 2026-(©AfreePress)- À Dapaong (600 km au nord de Lomé), la célébration de la 15e édition de la Journée africaine de la décentralisation et du développement local (JADDL) a pris, lundi 10 août 2026, une tonalité résolument opérationnelle. Réunis autour du thème : « Autonomisation des autorités locales pour une eau et un assainissement durables », élus locaux, responsables techniques et populations ont placé l’accès à l’eau potable, l’assainissement et la gouvernance territoriale au centre des échanges.
Une décentralisation à l’épreuve des défis essentiels
Organisée conjointement par le Conseil régional des Savanes et la commune de Tône 1, la rencontre entendait faire de la décentralisation un véritable levier d’amélioration des conditions de vie des populations.
La cérémonie a été présidée par le premier vice-président du Conseil régional des Savanes, Nambiema Wattara, en présence notamment du premier adjoint au maire de Tône 1, Flindjo Kossi, ainsi que de plusieurs autorités et acteurs intervenant dans les secteurs de l’eau, de l’assainissement et de l’environnement.
Au-delà du caractère commémoratif de la journée, les échanges ont permis de questionner la capacité des collectivités territoriales à prendre pleinement part à la conception, au financement et au suivi des politiques publiques relatives aux services essentiels.

Pour Nambiema Wattara, la réponse aux déficits en matière d’eau potable et d’assainissement passe nécessairement par davantage de concertation entre les différents niveaux de gouvernance. Il a plaidé pour une action coordonnée et une synergie renforcée entre collectivités, services déconcentrés de l’État et communautés.
L’ambition est de faire en sorte que l’accès à l’eau potable et à des services d’assainissement de qualité ne soit plus perçu comme un privilège réservé aux grands centres urbains, mais comme un droit à garantir jusque dans les quartiers, les villages et les ménages.
Les populations au cœur du dialogue
La rencontre de Dapaong a également accordé une place importante à l’expression des préoccupations des populations. Les échanges ont permis aux participants de mieux comprendre les stratégies et politiques publiques mises en œuvre dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, mais aussi de faire remonter les attentes des communautés.
Cette démarche participative apparaît d’autant plus pertinente que la gestion de l’eau et de l’assainissement ne saurait reposer sur les seules infrastructures. Elle suppose également une gouvernance de proximité, une appropriation communautaire et une évolution durable des comportements.
Le premier adjoint au maire de Tône 1, Flindjo Kossi, a ainsi appelé les autorités locales à accorder une attention accrue aux préoccupations exprimées par les populations en matière d’hygiène et d’assainissement.
« L’assainissement est une affaire de tous », a-t-il souligné en substance, appelant l’ensemble des acteurs à conjuguer leurs efforts pour favoriser un environnement sain et améliorer durablement le cadre de vie.
Mobiliser davantage de ressources
Pour l’élu local, le défi demeure également financier. L’amélioration des services d’eau et d’assainissement exige, selon lui, une mobilisation accrue des ressources et une implication soutenue de l’ensemble des parties prenantes.
Dans cette perspective, la célébration de la JADDL constitue un espace de sensibilisation, mais aussi de réflexion sur les moyens de transformer les orientations de la décentralisation en résultats tangibles sur le terrain.
« L’eau, c’est la vie », a rappelé Flindjo Kossi, insistant sur le lien indissociable entre disponibilité de l’eau potable, assainissement, hygiène et santé publique.
La journée a ainsi été mise à profit pour promouvoir la consommation d’eau potable et renforcer la sensibilisation des différents acteurs sur la nécessité de préserver les ressources naturelles et améliorer les pratiques environnementales.
L’Agenda 2063 en ligne de mire

Le thème retenu pour cette édition résonne particulièrement avec les priorités continentales. L’Union africaine a en effet consacré 2026 à la disponibilité durable de l’eau et aux systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063, faisant de ces deux secteurs des leviers majeurs de santé publique, de résilience climatique et de transformation économique.
À Tône 1, cette ambition continentale trouve déjà un prolongement dans les initiatives locales. La commune travaille notamment à la mise en place d’une politique de gestion des déchets et d’assainissement pour la période 2026-2036, avec des objectifs portant sur la collecte des déchets, leur valorisation et l’extension des infrastructures sanitaires.
Dans les Savanes, où les enjeux d’accès aux services essentiels se conjuguent avec les impératifs de résilience et de développement territorial, la responsabilisation des collectivités apparaît donc comme un enjeu stratégique.
Des échanges pour passer du discours à l’action
Conférences-débats et communications techniques ont ponctué la rencontre, avec des interventions consacrées notamment à l’approvisionnement en eau, à l’assainissement et au rôle des services déconcentrés de l’État.
Cette mobilisation intervient alors que les pouvoirs publics poursuivent, dans les Savanes et la région de la Kara, des efforts pour accélérer les investissements dans le secteur de l’eau potable. Une mission ministérielle effectuée en juin 2026 avait notamment porté sur la supervision des travaux du Programme national de développement de l’eau (PND-Eau) dans ces deux régions.
À Dapaong, le message porté à l’occasion de la JADDL 2026 semble ainsi dépasser le cadre d’une simple célébration : la décentralisation ne prendra pleinement son sens que si elle permet aux collectivités de disposer des capacités, des ressources et des leviers nécessaires pour répondre concrètement aux besoins essentiels de leurs populations.
Diblo TAKINI -Correspondant AfreePress-région des Savanes











