Dapaong, le 25 septembre 2026-(©AfreePress)- La comptabilité ne saurait être réduite à une succession de factures, de reçus et de tableaux à renseigner. Elle constitue, au contraire, une véritable boussole pour l’entreprise, en fournissant à son dirigeant les données indispensables à la gestion, au pilotage et à la prise de décision. C’est autour de cet enjeu que s’est articulée, mercredi à Dapaong (600 km au Nord de Lomé), une nouvelle édition du « Mercredi de l’entrepreneuriat », initiative portée par l’Agence nationale de promotion et de garantie de financement des petites et moyennes entreprises et industries (ANPGF/PME-PMI).
La rencontre, consacrée au thème : « L’importance de la comptabilité au sein d’une entreprise », a réuni plusieurs catégories d’acteurs économiques de la région des Savanes : chefs d’entreprise, entrepreneurs, porteurs de projets, ainsi que de jeunes et femmes engagés dans l’activité entrepreneuriale.
À travers cette session, l’ANPGF entendait créer un cadre propice à l’échange d’expériences, au partage de bonnes pratiques et au renforcement des compétences managériales des acteurs du tissu entrepreneurial régional.

La comptabilité, une boussole pour décider
Longtemps appréhendée par certains entrepreneurs comme une contrainte administrative, la comptabilité recèle pourtant une dimension autrement plus stratégique. Elle permet au chef d’entreprise de disposer d’une lecture précise de la santé financière de sa structure et, surtout, d’anticiper plutôt que de subir.
Recettes, dépenses, dettes, créances, charges, coûts de production ou encore niveau de rentabilité. Autant d’indicateurs qui permettent de mesurer la performance réelle d’une activité et d’orienter les décisions.
Une entreprise peut ainsi disposer d’un produit compétitif, d’une clientèle importante et d’un modèle économique prometteur. Mais sans une information financière fiable, son dirigeant évolue dans un environnement où les décisions risquent de reposer davantage sur l’intuition que sur des données tangibles.
« Le thème de ce jour vient d’un constat préoccupant. Depuis que nous sommes dans la région, nous avons relevé que certaines entreprises tiennent une comptabilité de manière incomplète, tandis que d’autres fonctionnent encore dans une logique de gestion informelle », a relevé Ouro-Gneni Moubarak, chef du bureau de l’ANPGF à Dapaong.
Pour le responsable, cette situation justifie pleinement l’accompagnement des entrepreneurs par des actions régulières de sensibilisation et de formation.
« En tant que structure d’accompagnement à l’entrepreneuriat, il était de notre devoir de mettre en place cette initiative afin d’offrir aux entrepreneurs un cadre d’échanges et de renforcement de leurs capacités, dans la mesure où formation, information et financement vont de pair », a-t-il ajouté.

Un outil de gestion avant d’être une obligation
À l’ouverture des travaux, le représentant du gouverneur de la région des Savanes, Kegbero Latifou Seigneur, a salué une initiative dont le thème, selon lui, répond à une nécessité concrète pour les entreprises.
Il a notamment insisté sur la portée managériale de la comptabilité, qui dépasse largement le cadre des obligations administratives.
« Il s’agit d’un exercice non seulement administratif, mais également d’un véritable outil d’aide à la prise de décision », a-t-il souligné, estimant que les entreprises doivent disposer d’informations pertinentes pour arrêter les orientations susceptibles de favoriser leur développement.
Installer une culture de gestion plus rigoureuse
Au-delà de la seule question comptable, cette édition du « Mercredi de l’entrepreneuriat » met en lumière un enjeu plus large : la professionnalisation de la gestion des petites et moyennes entreprises.
À travers ce programme, l’ANPGF ambitionne d’instaurer un espace régulier où les entrepreneurs peuvent confronter leurs expériences, mieux cerner les difficultés qui entravent leurs activités et acquérir des outils susceptibles d’améliorer la gestion de leurs structures.

Pour les acteurs économiques des Savanes, l’enjeu est désormais de faire évoluer les pratiques : passer d’une gestion essentiellement empirique à une culture entrepreneuriale davantage fondée sur l’information, la planification et la maîtrise des données financières.
La comptabilité apparaît ainsi moins comme une obligation à laquelle il faut se conformer que comme un instrument de lecture, d’anticipation et de croissance de l’entreprise.
Diblo TAKINI
Correspondant AfreePress – Région des Savanes










