Lomé, le 14 octobre 2026-(©AfreePress)- Le système de santé togolais est appelé à engager un virage décisif. Réunis le 7 octobre 2026 à l’occasion de la Journée mondiale du travail décent, des professionnels de santé des secteurs public et privé ont plaidé pour une transformation structurelle et durable du secteur. À travers cinq axes prioritaires, ils défendent une ambition : améliorer les conditions d’exercice des soignants pour garantir à la population des prestations sanitaires accessibles, équitables et de qualité.
Des conditions de travail à la gouvernance hospitalière
Dans leurs recommandations, les participants appellent d’abord à une revalorisation du statut et de la rémunération des professionnels de santé. Ils préconisent notamment une législation adaptée à la fonction publique hospitalière, une grille salariale tenant compte des qualifications et des responsabilités, ainsi qu’une meilleure reconnaissance des praticiens hospitaliers.
La réforme envisagée englobe également la gestion des carrières, le recrutement, la formation continue et la protection du statut des étudiants, stagiaires et internes. L’objectif affiché est de renforcer l’attractivité des professions sanitaires et de limiter la fuite des compétences.
Deuxième chantier. La gouvernance des établissements de santé. Les professionnels souhaitent une réforme hospitalière globale, couvrant les structures publiques comme privées, une clarification des responsabilités et un renforcement des exigences de qualité et de sécurité des soins. Ils préconisent aussi une actualisation des textes réglementaires devenus obsolètes.
Sécuriser les médicaments, stimuler la production locale
La souveraineté pharmaceutique constitue le troisième pilier de leurs propositions. Les recommandations prévoient un cadre légal spécifique à la pharmacie hospitalière, le développement de structures pharmaceutiques au sein des hôpitaux et la sécurisation de l’approvisionnement en médicaments d’urgence.
La lutte contre les circuits illicites et le marché noir figure également parmi les priorités. En parallèle, les professionnels plaident pour un environnement économique favorable aux entreprises nationales de santé. Incitations fiscales et douanières, accès facilité au financement, soutien à la production locale et création d’emplois durables.
Cette orientation vise à consolider les capacités nationales de production et à faire émerger un secteur privé complémentaire du service public.
L’unité comme levier de changement
Cinquième axe, la mobilisation collective. Les professionnels appellent à dépasser les cloisonnements entre secteurs public et privé afin de porter des revendications communes et d’accélérer la mise en œuvre des réformes. Ils placent au cœur de cette dynamique la reconnaissance professionnelle et l’amélioration des conditions de travail.
Cette approche rejoint les orientations de l’Organisation internationale du travail, qui souligne l’importance d’une rémunération équitable, de la protection sociale, de la sécurité au travail et du dialogue social pour fidéliser les personnels et préserver la qualité des soins.
Au terme de cette initiative, les signataires défendent une vision d’un système sanitaire togolais plus performant, plus équitable et durablement financé. Reste désormais l’étape déterminante : traduire les recommandations en mesures concrètes, assorties de responsabilités clairement établies et d’un calendrier d’exécution.
Car, pour les professionnels mobilisés, améliorer la condition des soignants ne relève pas d’une revendication corporatiste isolée. C’est aussi investir dans la sécurité des patients et dans l’avenir sanitaire du Togo.
Olivier A.











