Lomé, le 26 janvier 2026-(©AfreePress)- Le Conseil des ministres, réuni à Lomé mercredi 25 février, a abordé l’épineuse question de la délimitation de la frontière maritime entre la République togolaise et la République du Ghana, à la lumière des récents développements diplomatiques et juridiques observés ces dernières semaines.
Ce contentieux, qui remonte à plusieurs années, oppose Lomé et Accra sur la ligne de démarcation en mer dans le golfe de Guinée, une zone stratégique aux enjeux économiques considérables, notamment en matière de ressources halieutiques et d’hydrocarbures offshore. Les parties avaient engagé, dès 2018, des négociations bilatérales sous l’égide de commissions techniques conjointes afin d’aboutir à un accord consensuel. Ces pourparlers, bien qu’animés d’un esprit de coopération et de bon voisinage, n’ont toutefois pas permis de dégager un compromis définitif, malgré de multiples sessions et propositions de cartographie communes.
Les divergences portent sur l’interprétation des lignes maritimes et des coordonnées des points de référence à retenir pour matérialiser juridiquement la frontière, une difficulté qui s’est traduite par des incidents ponctuels en mer et des tensions opérationnelles entre navires des deux pays.
Le 20 février 2026, selon les autorités ghanéennes, le Gouvernement d’Accra a officiellement indiqué, par voie de notification diplomatique, sa décision de recourir à la procédure d’arbitrage international prévue par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) pour trancher ce différend. Cette démarche fait suite à huit années de discussions infructueuses et répond à la volonté ghanéenne d’obtenir une décision juridiquement contraignante sur la délimitation de la frontière maritime, dans le respect du droit international.
La CNUDM, adoptée le 10 décembre 1982, constitue le cadre juridique reconnu pour le règlement pacifique des différends maritimes entre États côtiers. Elle offre plusieurs mécanismes de règlement des différends, dont l’arbitrage et la saisine d’instances juridictionnelles internationales telles que le Tribunal international du droit de la mer ou la Cour internationale de Justice, lorsque les négociations directes échouent.
Le communiqué officiel ghanéen souligne que cette option a été préférée afin d’éviter toute escalade des incidents ayant créé des tensions entre certaines institutions des deux pays, tout en préservant les relations de bon voisinage et de coopération qui lient Lomé et Accra.
À son tour, le Gouvernement togolais indique avoir pris acte de cette notification et réitéré son attachement au règlement pacifique des différends, par le dialogue et dans le strict respect du droit international.
Lomé a affirmé sa détermination à veiller au respect des principes de justice, d’équité et de bonne foi, tels que consacrés par la CNUDM, en vue d’un règlement final et équilibré de ce différend.
Le Togo rassure ses citoyens sur sa détermination à défendre les intérêts du pays partout où besoin sera.
Olivier A.









