Lomé, le 22 mai 2026-(©AfreePress)- Face à la recrudescence des cyberattaques et à la vulnérabilité croissante des professionnels des médias dans l’univers numérique, l’Agence nationale de la cybersécurité (ANCy) renforce les capacités des journalistes togolais en matière de protection des données et d’hygiène numérique. Une formation stratégique de trois jours, organisée du 19 au 21 mai à Kpalimé (130 km au sud-est de Lomé), a réuni une trentaine de médias venus de diverses régions du pays.
A l’initaitive de l’ANCy en partenariat avec Cyber Defense Africa (CDA) et l’Observatoire togolais des médias (OTM), cette session de renforcement de capacités s’est articulée autour du thème : « Cybersécurité et hygiène numérique ». L’objectif affiché est de doter les acteurs des médias de compétences indispensables pour sécuriser leurs systèmes d’information, protéger leurs communications et prévenir les risques liés aux usages numériques.

À l’ère de la désinformation numérique, du phishing, de l’usurpation d’identité et des fuites de données, les journalistes apparaissent désormais comme des cibles privilégiées des cybercriminels. Consciente de cette réalité, l’ANCy entend instaurer au sein des rédactions togolaises une véritable culture de vigilance numérique et faire progressivement des professionnels des médias des relais de sensibilisation sur les questions de cybersécurité.
Une immersion pratique dans l’univers de la cybersécurité
Durant les trois jours de travaux, les participants ont suivi douze modules mêlant théorie et exercices pratiques. Les échanges ont notamment porté sur l’écosystème de la cybersécurité, les menaces visant les médias, la gestion sécurisée des mots de passe, la protection des messageries et des réseaux sociaux, ainsi que la sécurisation des smartphones et des sites internet.
Les questions liées aux fake news, aux deepfakes, aux arnaques numériques et aux risques associés aux appareils mobiles ont également été largement abordées. Cette immersion a permis aux journalistes de mesurer l’ampleur des menaces numériques auxquelles ils sont quotidiennement exposés, tout en acquérant des réflexes essentiels pour renforcer leur sécurité digitale.

Des journalistes appelés à devenir des ambassadeurs numériques
À l’issue de la formation, organisateurs et participants ont exprimé leur satisfaction quant à la qualité des enseignements dispensés. Pour le directeur de l’OTM, Fabrice Petchezi, cette initiative a permis de révéler l’ampleur des risques numériques auxquels sont confrontés les journalistes. Il a salué le caractère résolument pratique de l’atelier, qu’il considère comme une expérience innovante et particulièrement enrichissante pour les professionnels des médias.
Même satisfaction exprimée du côté de l’ANCy. Le directeur de la réglementation et du contrôle de conformité, Nangbam Didema, s’est félicité de l’implication des participants tout au long des travaux. Selon lui, cette formation, voulue très pratique par la direction générale de l’institution, a suscité une participation active et un intérêt constant des journalistes.
Pour Hakim Tchalla, expert en cybersécurité à Cyber Defense Africa et à l’ANCy, l’engouement observé durant les exercices pratiques témoigne de la pertinence de cette initiative. « Voir les journalistes mobilisés autour des simulations et poser des questions pour approfondir leurs connaissances est particulièrement encourageant », a-t-il souligné.

Mettant fin aux travaux, le directeur général de l’ANCy, le Commandant Gbota Gwaliba, a insisté sur l’importance de multiplier les actions de sensibilisation et de formation. « Le maillon le plus vulnérable de toute chaîne de sécurité reste l’humain », a-t-il rappelé, avant d’encourager les journalistes à devenir des ambassadeurs de la cybersécurité dans leurs différentes rédactions.
Une cérémonie de remise d’attestations aux participants a marqué la fin de cette session de formation de haut niveau.
René BLEWOUSSI









