Lomé, le 20 avril 2026-(©AfreePress)- La capitale togolaise s’affirme une nouvelle fois comme un carrefour diplomatique majeur en Afrique de l’Ouest. Le 17 avril dernier, Lomé a accueilli une rencontre de haut niveau entre les pays membres de l’Alliance des États du Sahel et ceux de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, dans un contexte régional marqué par des tensions politiques et sécuritaires persistantes.
Présidée par le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, cette réunion stratégique s’inscrit dans le cadre des orientations définies par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Elle constitue une étape préparatoire à la présentation de la nouvelle stratégie du Togo pour le Sahel.
Autour de la table, plusieurs figures importantes de la diplomatie ouest-africaine ont répondu présent, notamment les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Burkina Faso et du Niger, aux côtés du président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray.
Cette rencontre, à forte portée symbolique, traduit une volonté commune de renouer le fil du dialogue entre l’AES et la CEDEAO, dans un climat régional fragilisé par des divergences politiques et institutionnelles.
« Le Togo est un pont entre l’AES et la CEDEAO, un pont entre l’AES et la communauté internationale », a déclaré Robert Dussey, soulignant l’ambition diplomatique de Lomé de jouer un rôle de médiateur crédible et actif.

À travers cette initiative, le Togo entend se positionner comme un facilitateur de dialogue et un artisan de la stabilité régionale. La stratégie annoncée vise notamment à rapprocher les positions entre les États membres, renforcer le dialogue politique et institutionnel, et à consolider les mécanismes de coopération sécuritaire.
Dans une région confrontée à la montée du terrorisme et à une instabilité chronique, notamment dans le Sahel, cette démarche apparaît comme une tentative de désescalade diplomatique.
La tenue de cette rencontre intervient dans un contexte marqué par la redéfinition des alliances régionales et la recomposition des équilibres géopolitiques en Afrique de l’Ouest. Le retrait progressif de certains pays des instances traditionnelles, conjugué à la montée des menaces sécuritaires, rend plus que jamais nécessaire un cadre de concertation inclusif.
Dans ce contexte, l’initiative togolaise pourrait contribuer à restaurer la confiance entre les blocs et à poser les bases d’une coopération renouvelée, au service de la paix et de la sécurité régionales.
Au sortir de cette rencontre, les observateurs retiennent surtout la volonté affichée des différentes parties de maintenir un canal de dialogue ouvert. Si aucun accord concret n’a encore été formalisé, cette réunion pourrait marquer le début d’un processus de rapprochement progressif.
Le Togo, en se positionnant comme un médiateur neutre et engagé, confirme ainsi son rôle croissant sur l’échiquier diplomatique ouest-africain.
Olivier A.










