Lomé, le 28 décembre 2025- (©AfreePress) – Le Togo a procédé à une révision substantielle du régime fiscal applicable au Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest, infrastructure stratégique dédiée à l’acheminement du gaz naturel dans la sous-région. Cette réforme vise à renforcer l’attractivité économique du projet et à soutenir les capacités d’investissement de l’opérateur.
Le nouveau dispositif introduit trois mesures majeures destinées à améliorer la viabilité financière du gazoduc. La principale innovation concerne l’allongement de la période d’exonération fiscale accordée à la West African Gas Pipeline Company (WAPCo), société exploitante de l’ouvrage. Initialement fixée à cinq ans, cette exonération est prolongée de 60 mois supplémentaires, portant sa durée totale à dix ans.
Parallèlement, le taux d’imposition applicable à WAPCo est revu à la baisse, passant de 35 % à 30 %, afin de s’aligner sur les régimes fiscaux en vigueur dans les autres pays partenaires du projet. Toutefois, la réforme prévoit une clause de flexibilité, permettant à l’État togolais d’ajuster ce taux en fonction de la conjoncture économique, sans excéder le plafond de 35 %.
Ces mesures ont été entérinées par une loi adoptée le 24 décembre 2025 par l’Assemblée nationale, à l’issue d’une séance plénière présidée par Komi Selom Klassou. Le texte a été présenté et défendu devant les députés par le ministre délégué chargé de l’Énergie, Messan Eklo.
Long d’environ 678 kilomètres, dont une large portion sous-marine traversant le golfe de Guinée, le Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest relie le Nigeria, le Bénin, le Togo et le Ghana, et constitue un maillon essentiel de l’intégration énergétique régionale.
La réforme consacre également un renforcement des prérogatives de l’Autorité du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (AGAO), désormais investie de la mission de superviser les activités des chargeurs, conformément aux règles du réseau et aux standards régionaux.
Pour le gouvernement togolais, cette refonte du cadre fiscal répond aux difficultés financières rencontrées par WAPCo, lesquelles ont freiné ses investissements ces dernières années. Elle tient également compte des mutations récentes du secteur gazier, notamment l’ouverture d’un second point d’entrée du gaz à Takoradi, au Ghana, et la montée en puissance de nouveaux acteurs.
Mis en service à la suite de la signature du traité interétatique de janvier 2003 entre le Bénin, le Ghana, le Nigeria et le Togo, le gazoduc repose sur un cadre juridique établi en décembre 2004, aujourd’hui jugé inadapté aux réalités économiques et énergétiques actuelles.
Albertine A.









