Lomé, le 21 mars 2024-(©AfreePress)-La capitale togolaise accueille depuis le 20 mars 2024, un atelier de concertation régionale sur la situation alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Organisé par le Comité permanent Inter-États de lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS) dans le cadre du dispositif régional de prévention et de gestion des crises alimentaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest (PREGEC), cette concertation technique régionale de trois jours offre l’occasion aux représentants de la CEDEAO, de l’UEMA, du CILSS, des systèmes régionaux d’information et des partenaires techniques et financiers, d’évaluer de manière approfondie les causes de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle qui affecte les populations depuis des décennies.
Il s’agira lors de ces travaux de faire l’état des lieux de la situation alimentaire au niveau des 17 États couverts par le CILSS, d’identifier les défis et de partager les bonnes pratiques en vue de renforcer les systèmes alimentaires, au plan national et régional.
« Depuis le mois de janvier, les experts des systèmes d’information au niveau des pays sont mobilisés afin de mener à bien l’évaluation définitive des productions agricoles et l’analyse de la situation alimentaire et nutritionnelle de nos populations à travers les sessions cadre harmonisées. Aujourd’hui, cette rencontre technique de concertation du dispositif régional de prévention et de gestion de crise a pour objectif principal d’évaluer la situation alimentaire et nutritionnelle des populations au Sahel et en Afrique de l’Ouest en se basant sur les travaux déjà réalisés par les pays », a indiqué Dr Sylvain Nafiba OUEDRAOGO, Secrétaire Exécutif Adjoint du CILSS.
Une situation d’urgence à éviter à tout prix
D’après les experts du CILSS, le nombre de personnes en situation s’insécurité alimentaire et nutritionnelle, selon les résultats de la session de novembre du cadre harmonisé pour la période de soudure de juillet-août 2024, devrait atteindre environ 44 millions de personnes.

« Si cette tendance se confirme au terme des analyses de la présente session de mars, la prochaine période de soudure risque d’être longue et difficile pour nos populations. La région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest est confrontée à une crise majeure de sécurité alimentaire et nutritionnelle qui est aggravée par les sanctions et les mesures de restriction de l’exportation des produits alimentaires, entraînant une perturbation de la chaîne d’approvisionnement et des hausses imprévues des prix des produits alimentaires de base (…) Cette situation difficile et complexe ne nous laisse pas d’autre choix que d’agir à la fois pour offrir une assistance alimentaire aux nécessiteux tout en mettant en œuvre des actions de développement afin de préserver les moyens d’existence des populations », a rappelé le Secrétaire général Adjoint du CILSS.
Les trois jours de travaux permettront de consolider et de finaliser les résultats des analyses effectuées dans les pays depuis janvier sur la situation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
En lançant officiellement les travaux, BOUWASSI Datcha, représentant du ministre de l’Agriculture et de l’élevage du Togo, a salué la mobilisation des acteurs autour de cette question vitale afin de faciliter des actions collectives pour le bien-être des populations.
Le Directeur des Statistiques agricoles, de l’information et de la documentation du Togo a saisi l’occasion pour exhorter les partenaires techniques de la recherche agricole, tant au niveau régional que national, à orienter davantage leurs travaux vers l’innovation technologique, afin de booster les productions agricoles, tout en préservant l’intégrité des systèmes alimentaires.
Il a également invité les participants à réfléchir sur les voies et moyens en mesure de garantir aux populations une alimentation saine et nutritive tout en favorisant une promotion performante susceptible d’assurer la souveraineté alimentaire dans les pays.
Il faut signaler que les recommandations qui sortiront de cette rencontre permettront aux différents États de préparer leurs plans de riposte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle.
Créé en 1973, le CILSS a pour mission d’investir dans la recherche de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et la lutte contre les effets de la désertification et du changement climatique pour un équilibre écologique et un développement durable au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Les actions de l’organisation couvrent 17 États à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Mauritanie, le Sénégal, le Togo, le Mali, le Niger, le Tchad, le Cap-Vert, le Nigéria, le Ghana, le Cameroun et le Libéria.
Raphaël A.









