©AfreePress-(Lomé, le 11 avril 2023)- Où sont déversées les boues de vidange des fosses septiques de la capitale togolaise et quel est l’état des lieux ? C’est à ces questionnements que M. Kossi Komlan, président de l’Association des acteurs de l’Assainissement du Togo (3AT) s’est attelé à apporter des débuts de réponses dans l’interview ci-dessous.
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AfreePress : Bonjour M. Kossi Komlan. Qui êtes-vous et qu’est-ce que votre association fait comme travail ?
Kossi Komlan : Je me nomme Kossi Komlan. Je suis le président de l’Association des Acteurs de l’Assainissement du Togo (3AT). Une association qui a été mise sur pied, il y a quatre (4) ans de cela. C’est une jeune association qui lutte contre le déversement anarchique des déchets liquides. Nous voulons un environnement sain par rapport à la gestion des boues de vidange.
L’association est dirigée par un bureau de douze (12) personnes qui sont, entre autres, chargées d’organiser des séances de renforcement des capacités des membres sur la gestion de ces déchets. Nous avons déjà organisé une séance de formation dans ce sens à la grande mairie de Lomé. Cependant, par manque de moyens, nous n’avons plus relancé l’initiative jusqu’ici. Mais nous continuons à organiser des séances de sensibilisation à l’endroit de nos membres, notamment sur le port correct des équipements de protection qu’il faut avant d’être en contact de ces genres de déchets.
AfreePress : Quels sont les types de déchets que vous traitez et où les déversez-vous ?
Kossi Komlan : Nous nous occupons des eaux usées, des matières fécales… Nous déversons ces déchets en un même endroit sur un site à Attiégou. C’est un site privé qui était la propriété de SOTOEMA dans le temps. Mais ce n’est pas un site qui est adapté à cette activité. Il faut un aménagement des lieux et surtout, il nous faut aller au traitement des boues de vidange pour les transformer en matière propre à servir.
AfreePress : Comment traiter ces déchets ? Avez-vous un exemple dans un pays voisin ?
Kossi Komlan : En Côte d’Ivoire, il y a plus d’une dizaine de stations de traitement des boues de vidange. C’est la même chose au Sénégal. Dans ces pays, ils ont installé des machines où on vient déverser les déchets afin qu’ils soient traités jusqu’à devenir de l’eau propre. Cette eau peut servir, par exemple, à l’irrigation des champs, des jardins, etc. J’étais allé en Côte d’Ivoire la dernière fois, je suis rentré au Togo avec un morceau de bois fabriqué à base des matières fécales. Ça permet de fabriquer des briqués, du charbon de bois…
Vous savez très bien que les normes internationales recommandent qu’on ne déverse plus ces déchets à l’air libre comme nous le faisons actuellement au Togo. Mais nous sommes conscients que l’État ne peut pas tout faire. Il faut que nous, les acteurs du secteur, soyons organisés et conscientisés par rapport à certaines réalités avant que l’État ne nous vienne en aide. Il y a certains de nos camarades qui n’arrivent même pas à bien fermer leurs vannes. Ce qui fait que le liquide fécal coule tout au long du trajet jusqu’au lieu de déversement. Ce n’est pas tout bon. Donc, nous luttons pour éviter ces genres de pratiques.
AfreePress: Avez-vous des projets dans ce sens avec de faire appel au gouvernement ?
Kossi Komlan : En réalité, nous sommes à l’étape de sensibilisation de nos amis par rapport à cet état de choses. Nous leur demandons de réparer leurs vannes. Nous sommes conscients que pour installer les usines de traitement des eaux usées, cela demande beaucoup de moyens financiers. Donc, c’est par rapport à notre comportement que l’Etat peut décider d’investir dans ce sens.
AfreePress : Quelles sont les difficultés de votre association ?
Kossi Komlan : 3AT est une association apolitique et à but non-lucratif. Ce qui fait que nous assurons nos différents travaux avec les petits moyens de bord. On est limités dans nos actions à cause des problèmes financiers. Aujourd’hui, nous avons besoin d’envoyer des membres en mission à l’extérieur pour qu’ils aillent voir ce qui se fait dans les autres pays. Mais nous ne disposons pas de moyens nécessaires pour le faire. Nous avons besoin d’un soutien financier.
AfreePress : Avez-vous des relations avec des associations sœurs sur le plan international ?
Kossi Komlan : Nous sommes membres de l’APAA (Association panafricaine des acteurs de l’assainissement) qui a été mise sur pied en Afrique du Sud. Le Togo est même membre du bureau de cette association. Je suis le Secrétaire général adjoint de l’APAA. Et c’est le Togo qui occupe aussi le Secrétariat général de l’APAA.
AfreePress : Un mot de fin ?
Kossi Komlan : Je demande juste à l’autorité de nous assister. Nous voulons bien travailler pour que l’assainissement soit parfait au Togo. Nous voulons aussi travailler pour l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD). Au moins, il faut une station de traitement des boues de vidange au Togo avant 2030, c’est ça notre lutte.
Interview réalisée par A.O. et transcrite par Anika A.









