Lomé, le 06 août 2024-(©AfreePress)-Le Togo déploie des efforts considérables pour l’amélioration pour l’accès des populations à l’eau potable, un engagement désormais reconnu et salué sur la scène internationale. La tenue des 93èmes assises de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA) à Lomé en est un témoignage éloquent.
Placées sous le thème : « Résilience des sociétés d’eau et d’assainissement en Afrique face aux changements climatiques », cette rencontre internationale démarrée le 29 juillet 2024, réunit un parterre d’experts nationaux et internationaux venus de divers horizons qui vont plancher sur des thématiques essentiellement scientifiques et des échanges de bonnes pratiques.
En marge de cet événement, l’Agence de Presse AfreePress a eu l’opportunité d’échanger avec le Directeur général de la Société Togolaise des Eaux (TdE), M. Gbati Yawanké Waké sur les enjeux du secteur de l’eau et les défis qui se posent à la Togolaise des Eaux (TdE). Celui-ci a profité de l’occasion, pour offrir un aperçu général et détaillé de la situation actuelle de l’accès à l’eau potable au Togo, les stratégies d’approvisionnement mises en œuvre, ainsi que les efforts déployés en vue d’une amélioration de la situation de la desserte d’eau par les services compétents et surmonter les défis auxquels le pays est confronté.
Lisez plutôt…
AfreePress : Bonjour Monsieur le Directeur Général. Pouvez-vous nous faire le point de la situation de l’accès à l’eau potable au Togo ?
M. Gbati Yawanké Waké : Bonjour. Actuellement, le taux de couverture nationale en eau potable au Togo est d’environ 70%. Le secteur est structuré en trois zones : la zone urbaine, semi-urbaine et rurale.
AfreePress : Quelles sont les stratégies mises en place pour l’approvisionnement en eau au Togo ?
M. Gbati Yawanké Waké : Comme je le disais plus haut, l’approvisionnement en eau potable au Togo est organisé à trois niveaux. Au niveau du milieu urbain, nous mobilisons les ressources souterraines et les eaux de surface, qui sont ensuite acheminées vers les stations de traitement. Après traitement, l’eau est stockée dans des réservoirs (châteaux d’eau) avant d’être distribuée.
Dans le milieu semi-urbain, nous utilisons des couches d’eau autonomes adaptées à la taille des populations locales et pour ce qui concerne le milieu rural, des forages manuels ou équipés de systèmes solaires sont mis en place.
AfreePress : Quelle est l’origine des principaux problèmes d’indisponibilité d’eau potable dans certains quartiers des villes du pays?
M. Gbati Yawanké Waké : L’indisponibilité d’eau potable est souvent causée par des pannes au niveau des équipements. La production d’eau est en grande partie dépendante des machines, qui peuvent tomber en panne comme tout autre appareil. Lorsque cela se produit, nous diffusons des communiqués et prenons les mesures nécessaires pour les réparations. De plus, à Lomé, l’urbanisation rapide et la croissance démographique augmentent la demande, ce qui dépasse parfois notre capacité de production. Actuellement, nous produisons environ 65 000 m³ par jour, alors que la demande est de 120 000 m³. Des projets sont en cours pour remédier à cette situation et améliorer l’approvisionnement en eau à Lomé.
AfreePress : L’eau est également essentielle pour l’agriculture. La base hydrique est-elle suffisante pour répondre aux besoins de ce secteur ?
M. Gbati Yawanké Waké : Le Togo n’est pas encore confronté à un stress hydrique. Toutefois, il est crucial de développer les techniques et technologies pour l’agriculture. Dans cette optique, des zones de rétention d’eau sont actuellement développées par le ministère de l’Agriculture pour permettre l’irrigation. Les Zones Agricoles Aménagées et Planifiées (ZAAP) sont des systèmes créés pour assurer une mobilisation continue de l’eau.
AfreePress : Comment évaluez-vous les forages privés ?
M. Gbati Yawanké Waké : Les forages privés peuvent être une solution, mais ils doivent être réglementés. La prolifération anarchique des forages pose des problèmes de gestion des ressources. L’eau étant une ressource précieuse, sa gestion doit être rigoureuse. C’est pourquoi le ministère exige désormais un agrément pour les forages afin de garantir leur conformité aux normes.
AfreePress : En ce qui concerne les assises de l’AAEA organisées au Togo, quels en sont les bénéfices pour le pays ?
M. Gbati Yawanké Waké : Ce congrès permet à la population togolaise de découvrir l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA) et met en avant les réalisations du Togo en matière d’accès à l’eau potable et d’assainissement. C’est aussi une opportunité pour partager des expériences et démontrer les progrès réalisés par le Togo dans ce secteur. L’organisation de ce congrès à Lomé témoigne des avancées du pays.
AfreePress : Quelle est la situation actuelle en matière d’eau potable au Togo?
M. Gbati Yawanké Waké : Plusieurs projets sont en cours pour améliorer l’accès à l’eau potable sur tout le territoire national. Ces initiatives visent à garantir une couverture complète en eau potable.
AfreePress : Un message pour les consommateurs ?
M. Gbati Yawanké Waké : Nous invitons les consommateurs à adopter notre devise : « Aidez-nous à vous servir ». Il est important qu’ils participent à l’entretien des installations et surveillent la distribution d’eau, car le coût de la production est largement couvert par l’État. Les consommateurs ne paient qu’une fraction du coût réel. Nous encourageons les ménages à sécuriser leurs installations pour éviter les fuites. L’Etat souffre pour fournir de l’eau potable, chaque citoyen doit prendre ses responsabilités pour préserver et entretenir les infrastructures.
Interview réalisée par Olivier A. et transcrite par Anika A.










