Lomé, le 05 octobre 2024-(©AfreePress)-Le déversement récent d’une grande quantité de riz avarié dans une banlieue de Lomé a suscité l’indignation générale et mis en lumière un problème plus profond, la pauvreté extrême et les failles dans la gestion de la sécurité alimentaire au Togo.
Ce qui aurait dû être un avertissement – la preuve que cette denrée était impropre à la consommation – a, au contraire, poussé des dizaines de personnes à affronter les dangers de l’insalubrité et des maladies pour récupérer ce riz. Cette situation pose une question troublante : qu’est-ce qui peut pousser des populations à risquer leur santé pour un produit rejeté ?
Pauvreté et survie : Une justification insuffisante
La scène est choquante. Des individus, au mépris des risques sanitaires, se ruent sur des tas de riz avarié dans une décharge, probablement conscients de la contamination potentielle de cette nourriture, mais poussés par la précarité. Ce spectacle est symptomatique de la pauvreté qui sévit dans certaines zones de Lomé, où l’accès à la nourriture est un luxe que beaucoup ne peuvent se permettre.
Cependant, la pauvreté, bien que dramatique, ne peut tout excuser. Consommer une denrée manifestement jetée pour cause de dangerosité ne fait qu’aggraver la situation. Non seulement cela expose les individus à des risques de maladies graves, mais cela souligne aussi l’urgence d’une intervention pour encadrer la gestion des produits alimentaires au Togo.
Le déversement en plein air : Un acte irresponsable
Le simple fait que ce riz ait été déversé en plein air, à la portée de tous, est un autre volet de ce scandale. Cela montre non seulement une négligence dans la gestion des produits impropres à la consommation, mais aussi une irresponsabilité grave de la part des auteurs de cet acte. Quelles que soient les raisons de la mise au rebut de ce riz, il est inconcevable que des produits alimentaires, même avariés, soient abandonnés de la sorte, sans mesures de sécurité adéquates pour prévenir de tels incidents.
Il est impératif que les auteurs de ce déversement soient identifiés et traduits en justice pour avoir mis en danger la vie de plusieurs citoyens. La loi de la République doit être appliquée avec rigueur afin que de tels actes ne se reproduisent plus.
L’un des plus grands dangers qui découlent de cette situation est la possible infiltration de ce riz avarié dans les circuits de vente locaux. Si des individus ont pu récupérer des sacs entiers de riz, il n’est pas impossible que certains tentent de le revendre ou de l’utiliser dans des restaurants, exposant ainsi une plus grande partie de la population à des risques sanitaires.
Les autorités togolaises, à travers leurs services de contrôle, promettent d’agir avec une extrême vigilance. De mener des inspections rigoureuses dans les marchés, chez les commerçants et dans les restaurants pour s’assurer que ce riz avarié ne se retrouve pas dans les assiettes des clients. Elles doivent tenir leur promesses afin de rassurer le reste des Togolais.
Une crise qui interpelle les autorités
Le gouvernement togolais, alerté par la gravité de cet incident, a déjà pris des mesures pour rappeler à la population les dangers sanitaires associés à la consommation de ce riz. Cependant, au-delà des mises en garde, une politique plus stricte doit être mise en place pour garantir la sécurité alimentaire. Cela inclut une meilleure gestion des déchets alimentaires et une surveillance accrue des produits qui circulent sur les marchés. Les efforts doivent aussi se concentrer sur l’amélioration des conditions de vie des citoyens les plus vulnérables, afin de réduire la pauvreté qui pousse les gens à de tels comportements. Les stocks de l’ANSAT doivent être à la portée de tout le monde et ils ne doivent pas faire l’objet de marchandage et de vente clandestines pour enrichir des personnes véreuses. C’est justement pour trouver de quoi manger aux populations en période de soudure que cette structure a été mise en place. Mais joue-t-elle effectivement son rôle? Rien ne le laisse penser.
Olivier A.










