©AfreePress-(Lomé, le 1er avril 2022)- L’image fait le tour de la toile et suscite réactions et polémique. Sur cette image postée jeudi 31 mars 2022 sur les réseaux sociaux, on y voit une barrière de limitation de hauteur érigée à l’entrée de la célèbre rue Mélonkou à Ave-Maria (Adidogomé). Barrière qui empêche les camions d’une certaine hauteur d’emprunter cette voie, l’une des mieux construites de ce quartier de Lomé.
À quelques mètres à l’intérieur de cette voie, se trouve la maison d’un ministre de la République, en la personne de Sani Yaya, ministre de l’Économie et des finances. Ce qui a conduit certains internautes à des interprétations et conclusions « hâtives ». Pour ceux-ci, cette barrière est l’œuvre personnelle de ce ministre de la République, qui, selon eux, aurait décidé de privatiser cette rue au grand dam des riverains et du voisinage.
Pour mieux cerner la réalité des faits et recueillir des témoignages de terrain, l’Agence de presse AfreePress, a effectué une enquête sur les lieux en allant au contact des riverains afin de les écouter.
Selon un groupe de propriétaires de maisons situées sur cette rue, groupe conduit par Togbui Ngoyiyi Fia Agbonougla -Directeur général de la société Ahuandji- tout ce qui est dit et rapporté ici et là n’est pas exact.
“Nous sommes le regroupement des riverains du quartier. Nous avons avec nous, papa Mélonkou. C’est lui qui a donné son nom à cette rue. Nous sommes installés dans ce quartier, il y a pour certains 40 ans, pour d’autres, c’est près de 50 ans. C’est un quartier très inondable et grâce à nos démarches, nous avons réussi à avoir une rétention d’eau et ensuite, une route a été construite avec asphalte. Ce qui a amélioré la situation. Mais avec la construction de cette route, d’autres soucis ont surgi. Les voitures, les gros camions et autres ont privilégié cette voie en s’adonnant à de la vitesse avec son lot d’accidents et de morts. Nous déplorons surtout le passage de gros camions de transport d’ordures qui ne respectent rien et qui n’hésitent pas à déverser leurs ordures sur la voie tout en refusant de les ramasser. Ce qui a été à l’origine de plusieurs incompréhensions et bagarres entre eux et les riverains. Pour trouver une solution à ce problème, nous avons fait une délégation auprès des autorités et leur avons soumis l’idée de la construction d’une barrière de hauteur pour filtrer les passages des gros camions. Ensuite, nous avons constaté que les services compétents sont passés travailler et pendant une semaine de travail, la barrière a finalement été érigée. Nous avons même demandé que ce soient deux barrières qui soient érigées. L’une à l’entrée de la route et l’autre à la sortie. Il y a des voies adjacentes que ces gros véhicules peuvent emprunter sans risquer d’endommager la route qui n’est pas construite pour supporter les gabarits de ces camions. Le Togo n’est pas le seul pays où ces barrières sont érigées à l’entrée des quartiers résidentiels. La barrière a été installée sur demande et doléances des habitants de notre quartier “, a fait savoir Togbui Ngoyiyi Fia Agbonougla, soutenu dans ses propos par Mme Amevo Brigitte Adjakpley, riveraine, elle aussi.
“Nous voulons sauvegarder et bien entretenir cette route. Nous avons beaucoup souffert ici et nous ne souhaitons pas laisser les gens venir dégrader et détruire cette route en moins de quelques années de sa construction. Nous disons non au passage des gros camions qui dégradent cette route et surtout, qui la salissent et mettent en danger la rue Mélonkou à Avé-Maria. Avant cette barrière, il y avait nos jeunes qui barraient la route avec des cordes pour s’opposer au comportement des conducteurs des gros camions qui déversent leurs ordures sur la voie et surtout, qui dérangent notre tranquillité. Lomé n’est pas la seule ville au monde où ces barrières ont été posées pour limiter le gabarit et la taille des camions qui peuvent passer. C’est nous, en tant que riverains qui avons demandé et exigé que des barrières soient posées. Le gouvernement parfois prend des mesures pour réglementer le passage de ces gros camions. En réalité, ils ne sont pas autorisés à emprunter toutes les rues de la capitale. Il en est ainsi pour certaines heures où ils sont interdits de circulation. Personnellement, je ne comprends pas pourquoi on tente de faire immédiatement le lien avec un ministre qu’on peint comme étant imbu de pouvoir ou qui plus encore, mettrait au devant, une suffisance, un orgueil. Sani Yaya dont il est question est un cohabitant de ce quartier bien avant sa nomination comme ministre. Point besoin ici de dire comment ce monsieur nous aide. Homme totalement plongé dans le social, il sait faire tout pour aider ceux d’entre nous qui sont dans le besoin. Parfois, Sani Yaya est sollicité pour secourir certains des nôtres qui n’avaient pas de quoi s’acheter des produits pour se soigner. Monsieur Sani Yaya n’a pas attendu d’être ministre pour être si proche de nous et qu’on cesse de nous mélanger et de dire que ce portique serait érigé sans notre adhésion. Vivement que des voix contraires se lèvent dans ce quartier pour dire la vérité. Le ministre n’en est pour rien, c’est bien nous les propriétaires de maisons et riverains qui sommes à l’origine de tout et nous voulons que les autorités nous ajoutent le second », a-t-elle laissé entendre.
A.Y.









