Lomé, le 10 janvier 2026- (©AfreePress) -L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a pris acte de la libération partielle de prisonniers d’opinion détenus depuis plusieurs années, tout en dénonçant une mesure qu’elle juge restrictive, sélective et insuffisante. Le principal parti de l’opposition togolaise exige la libération immédiate et sans condition de l’ensemble des détenus politiques, leur indemnisation intégrale ainsi qu’une prise en charge médicale complète par l’État.
Dans un communiqué rendu public jeudi dernier, l’ANC a exprimé sa solidarité avec les femmes et les hommes récemment libérés, qualifiés de « combattants de la liberté et de la démocratie », qui retrouvent leurs familles après de longues années de détention jugée arbitraire. Le parti a salué leur courage et leur constance, estimant que les sacrifices consentis « ne sauraient être vains ».
Toutefois, l’ANC déplore que de nombreux prisonniers d’opinion demeurent encore derrière les barreaux. Elle appelle les autorités à procéder sans délai à leur élargissement total et inconditionnel, tout en rendant hommage aux détenus décédés en prison pour leurs convictions politiques, dont la mémoire, selon le parti, doit être honorée au nom de la justice et de la patrie.
Le parti estime par ailleurs que les autorités togolaises n’ont pas donné suite aux revendications des populations mobilisées, des formations politiques et des organisations de défense des droits humains, tant nationales qu’internationales, notamment l’Organisation des Nations unies, la CEDEAO et l’Union européenne. L’ANC critique vivement des libérations assorties de contrôle judiciaire, qu’elle considère incompatibles avec les exigences d’un élargissement véritablement libre et sans condition.
Le communiqué cite plusieurs cas de détentions prolongées sans jugement. Il évoque notamment celui d’une militante de l’ANC, mère de cinq enfants, incarcérée alors que l’un de ses nourrissons était encore en bas âge, et ayant passé plus de six années en prison sans qu’aucune charge formelle ne soit retenue contre elle. D’autres détenus, selon le parti, cumulent jusqu’à huit années de privation de liberté, avec des conséquences humaines, sociales et psychologiques, particulièrement lourdes.
Rappelant les traumatismes vécus par ses militants, notamment dans le dossier des incendies des marchés de Kara et de Lomé, l’ANC affirme ne pouvoir rester indifférente face à ce qu’elle qualifie d’abus graves, répétés et systématiques.
Face aux atteintes physiques et psychologiques subies par les détenus — isolement prolongé, mauvais traitements, actes de torture, violences et humiliations — l’ANC formule une série d’exigences à savoir la libération de tous les prisonniers d’opinion encore incarcérés, la levée immédiate du contrôle judiciaire, la prise en charge médicale intégrale par l’État, l’abandon des poursuites jugées infondées et l’octroi d’indemnisations proportionnelles aux années de détention subies.
L’Alliance Nationale pour le Changement réaffirme enfin sa détermination à poursuivre son combat pour l’instauration d’un véritable État de droit, pour le respect des libertés fondamentales et la consolidation de la démocratie et de la bonne gouvernance au Togo.
Albertine A.









