Lomé, le 23 janvier 2026- (©AfreePress)- L’Office togolais des recettes (OTR) a lancé, le 22 janvier 2026 à Lomé, une vaste campagne nationale de vulgarisation des dispositions de la loi de finances, exercice 2026. Placée sous le sceau de la pédagogie et de la transparence, cette initiative vise à permettre aux contribuables de mieux appréhender les orientations budgétaires et les principales innovations fiscales contenues dans le budget de l’État, adopté par le Parlement à la fin du mois de décembre dernier.
Pour l’exercice 2026, le budget de l’État est arrêté à 2 751,5 milliards de francs CFA, dont 1 338,86 milliards de francs CFA attendus au titre des recettes fiscales. Selon le Directeur de la communication et des services aux usagers de l’OTR, M. Konlani Kampatibe, la démarche engagée par l’administration fiscale ne s’inscrit nullement dans une logique d’alourdissement de la pression fiscale, mais plutôt dans une dynamique d’élargissement de l’assiette, en vue de renforcer l’équité et la justice fiscales. Il a précisé que la loi de finances 2026 intègre, pour l’essentiel, les préoccupations issues du dialogue social.
Le texte consacre la reconduction de onze mesures fiscales, parmi lesquelles la perception de la taxe de prélèvement de l’Union africaine, la réduction de 50 % du droit de douane liquidé sur le gasoil destiné aux machines et engins mobiles non routiers utilisés par les industries, la suspension de la taxe sur les véhicules à moteur au profit des professionnels du transport, ainsi que l’instauration d’un régime fiscal dérogatoire applicable aux opérations de restructuration des entreprises en difficulté. Ces mesures traduisent la volonté de l’État d’accompagner le secteur privé et de stimuler l’investissement par des dispositifs incitatifs ciblés.
La loi de finances 2026 accorde également une place centrale à l’élargissement de l’assiette fiscale, dans l’optique de consolider la soutenabilité des finances publiques, conformément aux dispositions du Code général des impôts. À ce titre, de nouvelles mesures sont introduites, notamment l’imposition des gains issus des jeux de hasard à partir de 500 000 francs CFA, avec l’application d’une retenue à la source de 5 %, opérée par les maisons de jeux et ayant un caractère libératoire. Par ailleurs, la durée de détermination d’un établissement stable au Togo est ramenée de six à trois mois, afin de limiter les pratiques d’évasion fiscale liées au fractionnement des chantiers et des activités connexes.
Dans un souci affirmé d’équité et de justice fiscale, le législateur a également prévu des dispositions spécifiques en faveur des personnes vulnérables, notamment celles vivant avec un handicap. Ainsi, toute entreprise légalement constituée qui recrutera, en 2026, une personne en situation de handicap, à compétences égales avec un travailleur valide, pourra bénéficier d’un crédit d’impôt de 120 000 francs CFA, sous réserve du respect de la réglementation sociale en vigueur. Cette mesure est présentée comme une avancée significative en matière d’inclusion sociale et de protection des droits des personnes handicapées au Togo.
Enfin, il convient de relever que les exonérations fiscales accordées par l’État pour l’année 2026 sont évaluées à 242,7 milliards de francs CFA, contre 211 milliards de francs CFA en 2025, illustrant l’effort consenti par les pouvoirs publics pour soutenir l’activité économique tout en veillant à la préservation des équilibres budgétaires.
Olivier A.









