Lomé, le 06 novembre 2026-(©AfreePress)- La mobilisation contre le VIH/Sida ne saurait être reléguée au second plan des priorités sanitaires. C’est le plaidoyer porté à Lomé par des responsables religieux, des acteurs associatifs et des experts de la santé venus de quatre pays ouest-africains, à l’issue d’un atelier régional de formation des formateurs tenu du 4 au 6 novembre. Leur conviction est de faire savoir que sans leadership communautaire affirmé et un financement durable, les ambitions d’élimination du Sida comme menace de santé publique resteront difficiles à concrétiser.
Organisée par le Conseil œcuménique des Églises (COE), en partenariat avec l’Église méthodiste du Togo (EMT) et le Conseil national de lutte contre le Sida et les infections sexuellement transmissibles (CNLS), avec l’appui technique de l’ONUSIDA au Togo, la rencontre a réuni des délégations venues du Togo, du Bénin, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire. Pasteurs, responsables confessionnels, personnes vivant avec le VIH, organisations de la société civile, jeunes et partenaires au développement ont échangé autour du thème : « Replacer le VIH au cœur de l’agenda sanitaire : rôle et leadership des acteurs religieux face aux enjeux financiers ».
L’urgence est manifeste. Selon les chiffres de l’ONUSIDA évoqués au cours des travaux, 1,3 million de nouvelles infections ont été enregistrées dans le monde, dont environ 190 000 en Afrique de l’Ouest et du Centre. Malgré les progrès thérapeutiques, des disparités persistent, particulièrement dans la prise en charge des enfants. Au Togo, plus de 95 % des quelque 100 000 personnes vivant avec le VIH seraient sous traitement, contre seulement 67 % des enfants concernés. Au Bénin, la couverture thérapeutique des enfants est estimée à 51 %. En Côte d’Ivoire et au Burkina Faso, les données présentées révèlent également des défis importants dans le dépistage et l’accès aux antirétroviraux.
Pour Mme Noumon Edéchi Yvettes, directrice exécutive de l’Alliance des religieux pour la santé intégrale de Côte d’Ivoire, ces chiffres rappellent l’ampleur du combat. Le pasteur Brigitte Djessou a, pour sa part, souligné la responsabilité des Églises dans la protection de la vie, la sensibilisation et la préservation de la dignité des personnes affectées.

Au-delà de la mobilisation communautaire, la question des ressources demeure déterminante. Damien Amoussou Kegnide, coordonnateur national adjoint au secrétariat permanent du CNLS, appelle les pays africains à repenser leurs mécanismes de financement afin de réduire leur dépendance aux ressources extérieures.
À la clôture, les participants ont adopté une déclaration commune appelant les partenaires au développement et le secteur privé à maintenir le VIH parmi leurs priorités, à renforcer les financements et à soutenir durablement les actions engagées. Un plaidoyer pour que les progrès scientifiques et les avancées médicales profitent à tous, sans distinction.
René BLEWOUSSI
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