Lomé, le 17 mai 2026-(©AfreePress)- Lomé s’impose, une fois de plus, comme l’épicentre des ambitions économiques africaines. A partir du lundi 18, et ce, jusqu’au 20 mai, la capitale togolaise accueille la troisième édition de Biashara Afrika, un forum stratégique de haut niveau consacré au commerce et à l’investissement intra-africains, placé sous le sceau de l’opérationnalisation effective de la Zone de libre-échange continentale africaine.
Portée conjointement par le gouvernement togolais et le Secrétariat de la ZLECAf, sous le haut patronage du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, cette grand-messe économique continentale ambitionne de franchir un cap décisif, celui qui consiste à passer des engagements politiques aux réalisations concrètes.
Durant trois jours, près de 1 000 à 1 500 participants – chefs d’État, investisseurs, institutions financières, fonds souverains, entreprises, start-ups et décideurs publics – vont converger vers Lomé pour identifier des solutions tangibles aux entraves persistantes du commerce intra-africain.
Un potentiel immense, des blocages persistants
Avec ses 55 pays membres, un marché de plus de 1,4 milliard de consommateurs et un PIB combiné estimé à plus de 3 400 milliards de dollars, la ZLECAf représente l’un des projets d’intégration économique les plus ambitieux au monde. Pourtant, la réalité du terrain reste contrastée.
Barrières non-tarifaires, déficits d’infrastructures, fragmentation des chaînes de valeur, accès limité au financement du commerce ou encore faible implication des micro, petites et moyennes entreprises. Voilà autant de contraintes qui freinent encore l’essor des échanges africains, lesquels plafonnent autour de 15 % des exportations du continent.
Dans un contexte mondial marqué par la recomposition des chaînes d’approvisionnement, la montée du protectionnisme et les incertitudes géopolitiques, l’Afrique est appelée à accélérer son intégration pour renforcer sa résilience économique.
Lomé, laboratoire de solutions et catalyseur d’investissements
C’est précisément dans cette dynamique que s’inscrit Biashara Afrika 2026, conçu comme une plateforme d’actions concrètes plutôt qu’un simple cadre de réflexion. L’ambition est de structurer des partenariats, catalyser les investissements et lever les obstacles opérationnels au commerce.
Les échanges porteront notamment sur l’industrialisation, le développement des chaînes de valeur régionales, le commerce numérique, les systèmes de paiement intégrés, ainsi que les infrastructures logistiques, considérées comme des leviers essentiels de compétitivité.
Une attention particulière sera accordée à l’inclusion économique, avec un accent sur l’accès des PME, des femmes et des jeunes entrepreneurs aux marchés continentaux.
Des plateformes orientées résultats
Pour traduire ces ambitions en actions, le forum s’articule autour de mécanismes innovants et opérationnels. Il sera meublé entre autres des activités comme : Le Deal Room, plateforme dédiée à la conclusion d’accords d’investissement. Une sorte de laboratoire de facilitation des échanges, pour lever les obstacles concrets, l’accélérateur de chaînes de valeur, axé sur les partenariats sectoriels. Une plateforme des sociétés de commerce, pour structurer les réseaux de distribution et de la plateforme d’accès au marché, destinée aux PME africaines. Des Tables rondes, rencontres B2B, masterclasses et expositions viendront enrichir un programme résolument tourné vers l’impact.

Le Togo, hub stratégique en affirmation
En accueillant ce rendez-vous continental, le Togo confirme son positionnement en tant que hub logistique et commercial en Afrique de l’Ouest. Lomé, déjà reconnue pour son port et ses infrastructures, entend capitaliser sur cette dynamique pour attirer davantage d’investissements et renforcer son rôle dans les échanges régionaux.
Au-delà des discours, Biashara Afrika 2026 apparaît ainsi comme un test grandeur nature de la capacité de l’Afrique à transformer le potentiel de la ZLECAf en résultats économiques tangibles.
À Lomé, plus qu’un forum, c’est une promesse : celle d’une Afrique qui commerce davantage avec elle-même, investit en elle-même et construit, pas à pas, les fondations de sa souveraineté économique.
Olivier A.









