Lomé, le 17 décembre 2025-(©AfreePress)- La Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) a franchi un cap majeur en lançant officiellement mercredi 17 décembre, à Lomé, le processus d’adoption du Sceau d’Égalité des Genres pour les Institutions Publiques (GES-PI).
Cette décision a été actée à l’issue d’une réunion de coordination et de concertation de haut niveau réunissant les responsables de la Commission de la CEDEAO, de la BIDC et leurs partenaires techniques, notamment le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique impulsée par la CEDEAO visant à faire de l’égalité de genre un levier stratégique de gouvernance, de performance institutionnelle et de développement durable au sein de l’espace communautaire.

Une orientation politique assumée
Ouvrant les travaux, la Vice-Présidente de la Commission de la CEDEAO a soutenu l’introduction du Sceau au sein de la BIDC. Cette action, a-t-elle relevé, ne saurait être réduite à un simple ajustement administratif. Elle constitue, a-t-elle insisté, un choix politique fort, en droite ligne de la Vision 2050 de la CEDEAO, qui place l’être humain au centre de l’action publique et de l’intégration régionale.
« Il ne peut y avoir de stabilité durable, de prospérité partagée ni d’intégration réussie tant que les femmes demeurent insuffisamment représentées dans les instances de décision », a-t-elle martelé, rappelant que l’égalité de genre est désormais un indicateur clé de maturité démocratique et d’efficacité institutionnelle.
La BIDC, moteur financier de l’intégration ouest-africaine
En tant que bras financier de la CEDEAO, la BIDC occupe une position stratégique dans le financement de l’investissement régional, la promotion de la croissance durable et l’autonomisation économique. Son engagement en faveur du GES-PI envoie ainsi un signal fort aux États membres, aux investisseurs et aux partenaires internationaux, dans un contexte où les critères de gouvernance inclusive pèsent de plus en plus dans les décisions de financement.
La Vice-Présidente de la Commission a rappelé qu’une institution appelée à financer l’entrepreneuriat féminin, l’éducation, l’accès aux services essentiels et l’autonomisation économique se doit d’incarner en interne les valeurs d’inclusion, de transparence et d’équité qu’elle promeut à l’extérieur.
Un mécanisme structurant et éprouvé
Le Sceau d’Égalité des Genres pour les Institutions Publiques est un outil méthodologique rigoureux, fondé sur des données probantes, qui accompagnent les organisations dans l’intégration effective de l’égalité de genre au cœur des politiques, des pratiques de ressources humaines, de la culture organisationnelle et des processus décisionnels.
Il est pleinement aligné sur les principaux cadres internationaux de référence, notamment l’Agenda 2030 des Nations Unies, en particulier les ODD 5 (égalité des sexes) et ODD 8 (travail décent et croissance économique), l’Agenda 2063 de l’Union africaine, la Vision 2050 de la CEDEAO ainsi que les exigences de transparence et de redevabilité des institutions financières internationales.
À la fin de l’année 2025, 17 institutions publiques dans neuf pays africains, dont quatre en Afrique de l’Ouest (Nigéria, Gambie, Ghana et Cap-Vert), ainsi que deux communautés économiques régionales, la CEDEAO et la SADC, sont engagées dans la mise en œuvre du Sceau, avec des résultats encourageants en matière de réformes internes, de performance organisationnelle et d’innovation institutionnelle.
Le PNUD salue une avancée décisive
Prenant la parole à l’occasion de cette rencontre, la Représentante Résidente du PNUD au Togo, Mme Binta Sanneh, a salué le leadership de la Commission de la CEDEAO et de la BIDC, qualifiant le GES-PI de « catalyseur de transformation systémique ».
Elle a toutefois rappelé que l’Afrique de l’Ouest demeure en deçà des objectifs de parité, avec environ 18 % de femmes dans les parlements, 22 % au sein des gouvernements et moins de 15 % dans les collectivités locales. Pour le PNUD, l’égalité de genre relève moins d’un impératif moral que d’une nécessité stratégique pour la résilience économique, la cohésion sociale et la paix durable.

Une dynamique collective au cœur du changement
Les intervenants ont unanimement souligné que la réussite du Sceau repose sur une mobilisation transversale, impliquant le top management, les services techniques et l’ensemble du personnel. Le processus exige une refonte des pratiques de gestion, la création d’espaces de dialogue inclusifs et l’ancrage durable de l’égalité de genre dans la culture institutionnelle de la Banque.
Vers une référence régionale en matière d’inclusion
En s’engageant dans la mise en œuvre du Sceau d’Égalité des Genres, la BIDC affirme son ambition de devenir un modèle de gouvernance inclusive au sein du paysage financier africain. La Commission de la CEDEAO et le PNUD ont réitéré leur appui total pour accompagner la Banque dans cette transition et en faire un référentiel régional en matière d’égalité, de performance et de développement durable.
Olivier A.









