Lomé, le 05 octobre 2025-(©AfreePress)- On dirait qu’un vent de folie souffle sur le continent. La fièvre du Guinness World Records a bel et bien gagné l’Afrique. Et cette fois, c’est la gastronomie togolaise qui se met aux fourneaux, avec plusieurs cheffes qui se succèdent au fourneau. Après Laurence Assignon, c’est le tour de Célia Awoussi, décidée à tenir la marmite pendant… 336 heures non-stop. A oui, quand un Africain découvre quelque chose, il le fait avec beaucoup de zèle deh!
Petit rappel d’histoire
Le Guinness World Records, c’est ce fameux livre né en 1955 en Angleterre, sous l’impulsion de Sir Hugh Beaver, directeur de la brasserie Guinness. À l’époque, il voulait simplement trancher des débats entre chasseurs sur “l’oiseau le plus rapide d’Europe”. Résultat : 70 ans plus tard, le livre est devenu une référence mondiale, recensant tout ce qui est improbable, spectaculaire… et parfois carrément saugrenu.
Des records de vitesse aux plus grands gâteaux, des marathons de danse aux exploits les plus étranges, tout y passe. Mais il aura fallu attendre 2023 pour que l’Afrique commence vraiment à s’y engouffrer sérieusement.
La flamme partie de Lagos
Tout a démarré avec la Nigériane Hilda Baci, qui a décidé de casser le record d’heures passées à cuisiner. Plus de 100 heures de cuisson à Lagos, retransmises en direct, et suivies par des millions d’Africains collés à leurs écrans comme devant une finale de CAN.
Les Ivoiriens ont flairé l’affaire et, très vite, sont entrés dans la danse avec leurs propres records à coups de marmites fumantes. Puis les Togolais ont décidé de montrer qu’eux aussi savent touiller la sauce… Et depuis, c’est presque tout le continent qui se met à courir derrière le Guinness des records, comme si on venait de découvrir qu’il existait une médaille d’or de la marmite.
Le Togo s’y met sérieusement
Après Mme Laurence Assignon, pionnière qui a ouvert la voie, voici que la relève est assurée avec Célia Awoussi qui s’est lancée pour objectif de cuisiner 336 heures d’affilée – soit 14 jours sans dormir vraiment – au stade de Kégué. Une aventure culinaire qui promet autant de fumée que de suspense.
Derrière elle, un sponsor de taille qui est Moov Africa Togo, qui apporte logistique, communication et mobilisation populaire. Et il en faudra, car les règles du Guinness sont aussi strictes qu’un concours de médecine. Il faut une sécurité alimentaire sans faille, un temps de repos minuté, des témoins officiels, etc.
Au-delà du côté insolite, ces défis ont des retombées réelles pour notre pays. Promotion de la gastronomie locale car chaque plat togolais qui sortira de la marmite de Célia deviendra une carte de visite pour le pays, un tourisme culinaire en vogue parce qu’un tel événement peut attirer l’attention internationale et booster le tourisme. Il y a également la question de la fierté nationale. Voir son drapeau brandi dans le Guinness World Records crée une identité collective et inspire la jeunesse tout en jetant un coup de projecteur médiatique inégalé sur le pays.C’est aussi de la visibilité pour les produits locaux et les acteurs du secteur agroalimentaire.
Un pari culotté mais inspirant
Soyons honnêtes, cuisiner 336 heures d’affilée, ce n’est pas une promenade de santé. C’est risqué, c’est épuisant, mais c’est aussi audacieux. Et ce genre de défi mérite d’être salué, car il met le Togo sur la carte du monde autrement que par les chiffres économiques ou les débats politiques.
Alors, rendez-vous est pris pour le 8 novembre au stade de Kégué. Et si vous sentez une odeur de riz sauce arachide ou de gboma dessi dans l’air, c’est sûrement Célia qui est encore en train de battre le chrono. Venez chaque midi et soir là-bas, on va récupérer et traiter de façon conventionnelle les plats préparés. En tout cas moi, dès le 7 novembre, je quitte ma maison pour élire domicile au stade de Kégué. Vous me comprenez non!
Olivier A.
Source : Hara Kiri N°229 du 03 octobre 2025









