Lomé, le 06 septembre 2026-(©AfreePress)- Le Togo a obtenu une importante victoire diplomatique à l’ONU avec l’adoption, le 4 septembre 2026, de la résolution « Corriger la carte », portée au nom de l’Union africaine. Adopté par 164 voix contre une, le texte encourage l’utilisation de projections cartographiques à surfaces équivalentes, notamment Equal Earth, afin de mieux représenter les dimensions réelles de l’Afrique et des autres continents. Non contraignante, cette résolution vise également à influencer les pratiques éducatives, institutionnelles, médiatiques et numériques.
Lomé, le 06 septembre 2026-(©AfreePress)- Le Togo vient de remporter à New York une bataille diplomatique à forte portée symbolique. L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté, vendredi 4 septembre 2026, une résolution visant à rééquilibrer la représentation cartographique du monde, avec une attention particulière portée à l’Afrique.
Porté par Lomé au nom de l’Union africaine, le texte a recueilli 164 voix favorables, une seule opposition et six abstentions, consacrant un large consensus international autour de la nécessité de représenter plus fidèlement les superficies des continents. Les États-Unis ont été le seul pays à voter contre.
Une bataille cartographique devenue enjeu de justice
Derrière cette résolution baptisée « Corriger la carte » (Correct the Map) se trouve une remise en question de la représentation traditionnelle du monde, notamment celle issue de la projection de Mercator.
Conçue au XVIᵉ siècle principalement pour faciliter la navigation, cette projection déforme les superficies à mesure que l’on s’éloigne de l’équateur. Elle donne ainsi visuellement une importance disproportionnée aux territoires septentrionaux et méridionaux, tandis que l’Afrique apparaît nettement sous-dimensionnée par rapport à sa superficie réelle. Le continent africain couvre environ 30,4 millions de km², soit près de quatorze fois la superficie du Groenland.
Pour les promoteurs de l’initiative, ces distorsions ne relèvent donc pas d’une simple question technique. Elles ont progressivement façonné les perceptions collectives, notamment dans les domaines éducatif, culturel, géopolitique et socioéconomique.
Equal Earth, nouvelle référence ?
La résolution encourage le recours à des projections dites à surfaces équivalentes, notamment Equal Earth, qui restitue avec davantage de fidélité les proportions réelles des continents.
Le texte invite les États à intégrer ces représentations dans les outils pédagogiques, administratifs et numériques et à développer un enseignement critique de la cartographie. Les organisations internationales, les institutions scientifiques, les médias et les entreprises technologiques sont également encouragés à contribuer à cette évolution.
Il ne s’agit toutefois pas d’interdire la projection de Mercator. Celle-ci conserve des usages techniques, notamment dans la navigation. La résolution onusienne, par ailleurs non juridiquement contraignante, encourage plutôt l’adoption de cartes à superficies proportionnelles lorsque la comparaison des dimensions territoriales est essentielle.

Dussey salue « une victoire pour l’exactitude »
Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, qui a porté le plaidoyer au nom du chef de l’État togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, s’est félicité d’un vote qu’il considère comme un tournant.
« L’adoption d’aujourd’hui est une victoire pour l’exactitude », a-t-il déclaré, estimant que l’enjeu dépasse largement la cartographie. Pour le chef de la diplomatie togolaise, il s’agit également de justice, de dignité et d’égalité dans la manière dont les peuples se représentent le monde.
Avec ce vote, Lomé entend désormais transformer le succès diplomatique en changements concrets, notamment dans les salles de classe, les institutions et les environnements numériques. Une manière, selon les promoteurs de l’initiative, de faire de la carte non plus un simple instrument de localisation, mais un outil de connaissance plus fidèle de la planète.
Olivier A.










