Lomé, le 25 mars 2025 – (©AfreePress)-Dans sa quête d’une gouvernance efficace et durable dans le but de favoriser le développement du Togo, l’Université de Lomé (UL) s’intéresse de près au modèle chinois.
Le mardi 25 mars 2025, l’institution a organisé un atelier de restitution visant à partager les enseignements tirés de trois séminaires tenus en Chine à la fin de l’année 2024.
Une délégation togolaise, composée notamment d’enseignants-chercheurs, y avait pris part.
L’événement a réuni des universitaires, des membres du Centre de Recherche Chine-Afrique (CRCA) ainsi que des représentants des ministères concernés.
Il a été ouvert par le président de l’Université de Lomé, Professeur Adama Mawulé Kpodar, en présence de l’ambassadeur de Chine au Togo, Weidong Chao.
Trois séminaires majeurs avaient marqué le séjour des délégations togolaises en Chine :« La modernisation à la chinoise »,« Le dialogue des think tanks africains »,« La gouvernance à la chinoise ».
L’objectif de cet atelier était d’examiner comment ces expériences pourraient être adaptées au contexte togolais.
« Il est essentiel qu’un plus grand nombre de personnes puissent s’approprier les leçons tirées de l’expérience chinoise. Trop souvent, après avoir participé à des séminaires à l’étranger, nous nous contentons de rédiger un rapport qui finit dans un tiroir, sans réelle exploitation des connaissances acquises. Or, pour qu’elles aient un impact concret sur le développement, elles doivent être largement diffusées », a expliqué le Professeur Joseph Tsigbe, Directeur du CRCA.
L’atelier s’adressait ainsi à des acteurs de divers secteurs, notamment des ministères et institutions publiques, pour une meilleure compréhension et une éventuelle adaptation des modèles étudiés.
Les restituteurs ont mis en avant trois éléments clés du modèle chinois. Il s’agit de vision consistant en une planification à long terme avec des objectifs clairs, une stratégie qui se concrétise par une mise en œuvre rigoureuse des politiques publiques, et la discipline qui permet un suivi strict des actions engagées.
Ils ont également souligné que la Chine repose sur une gouvernance centralisée autour du Parti communiste chinois.
Ce système, selon eux, permet d’éviter certaines tensions sociopolitiques et les crises récurrentes observées dans plusieurs pays africains.
Sur le plan économique, l’accent a été mis sur l’indépendance énergétique, un facteur clé du développement industriel chinois. La modernisation des zones rurales et l’intégration de chaque citoyen dans la dynamique de croissance ont également été soulignées comme des éléments déterminants.
« On peut développer des politiques et mobiliser des ressources, mais sans une vision clairement définie, une stratégie efficace et une rigueur dans l’exécution, on ne peut pas réussir. En Chine, la nature n’est pas une barrière : lorsque des obstacles existent, l’État intervient en construisant des infrastructures adaptées, perçant montagnes et cours d’eau pour développer chaque territoire. Si nous voulons que ces connaissances influencent le développement du Togo, elles doivent être largement partagées et inspirer des actions concrètes », a déclaré Mme Batchabani Abidé, chef de division des organisations civiles et associations au ministère de l’Administration territoriale, et l’une des participantes aux séminaires en Chine.
Il convient de rappeler que le Togo et la République populaire de Chine entretiennent depuis 1972 d’excellentes relations diplomatiques. Cette coopération s’est traduite par des avancées notables dans plusieurs domaines, notamment l’éducation, le commerce, la recherche, la technologie et l’agro-industrie.
Par Anika A.










