Lomé, le 1er juillet 2024-(©AfreePress)-La Première session ordinaire du Parlement de la CEDEAO a été officiellement ouverte, lundi 1er juillet 2024 au siège de l’institution sis à Abuja au Nigéria.
La cérémonie inaugurale a été dirigée par Hadja Mémounatou IBRAHIMA, Présidente du parlement de la CEDEAO en présence du Président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Tourey, du ministre togolais chargé des relations avec les institutions de la République, Pâcome Adjourouvi et de plusieurs autres personnalités.
L’ouverture solennelle de cette session prévue pour trois semaines a été marquée par plusieurs allocutions dont celle de la présidente du Parlement communautaire.
Dans son discours, la députée togolaise a rappelé les défis auxquels la sous-région est confrontée et invité ses collègues à jouer leur partition afin de parvenir un avenir plus radieux.
« À peine, sinon pas encore totalement sortis des pandémies et des épidémies, nous sommes en effet face à de nombreux fléaux et défis qui ont pour noms : la pauvreté, les perturbations climatiques, la crise russo-ukrainienne, le conflit au Proche-Orient pour ne citer que ceux-ci. À tous ces fléaux s’ajoute malheureusement, un autre phénomène d’une ampleur délirante dans notre région qui est la recrudescence de la menace terroriste, de l’extrémisme violent et du grand banditisme qui coûtent la vie à nos vaillantes forces de défense et de sécurité ainsi qu’à des milliers d’innocentes personnes. Cette menace asymétrique interpelle notre conscience d’Africains et Africaines et je voudrais que nous commencions cette cérémonie en observant une minute de silence en la mémoire de toutes les victimes de cette violence aveugle », a-t-elle évoqué.
Mme Mémounatou IBRAHIMA a profité de l’occasion pour exprimer sa reconnaissance aux chefs d’État de la CEDEAO pour leur engagement permanent en faveur de la paix et la sécurité dans la sous-région et salué leur appui au bon fonctionnement du parlement de la CEDEAO.
Sur le plan politique, la Présidente du parlement de la CEDEAO s’est félicitée du succès des élections récemment organisées au Sénégal, au Togo et dans d’autres pays de la sous-région.
« (…) Nous avons assisté à un processus libre, équitable et transparent. Cela témoigne de la vitalité de la démocratie dans notre région », a-t-elle indiqué.
Un agenda chargé pour les députés
La présidente du parlement de la CEDEAO a rappelé les activités inscrites à l’agenda de cette nouvelle session. Elle a invité ses collègues à se rendre disponibles pour le succès de la session.
« Conformément aux dispositions pertinentes de l’Acte additionnel relatif au renforcement de ses prérogatives, le Parlement de la CEDEAO a, à l’ordre du jour des travaux de sa première session ordinaire les points ci-après : Le rapport du Président de la Commission de la CEDEAO sur la mise en œuvre du programme de travail de la communauté ; L’examen des projets d’actes communautaires ; et la présentation des rapports-pays par les délégations nationales », a-t-elle déclaré.
Cette session permettra également aux députés de prendre connaissance du Rapport du Président de la Commission de la CEDEAO et de mener des échanges avec les commissaires de la CEDEAO sur l’évolution des programmes de chaque département.
« Au cours de la présente session, le Parlement examinera, pour avis, le projet de Décision relative à la création d’un tribunal spécial pour la Gambie et l’adoption du Statut du tribunal spécial pour la Gambie en vue de poursuivre en justice les atteintes graves aux droits humains, les crimes internationaux et nationaux commis sur le territoire de la Gambie entre le 22 juillet 1994 et le 21 janvier 2017. Par ailleurs, chaque délégation nationale présentera à la plénière son rapport-pays qui met l’accent sur la situation politique, économique, sociale et sécuritaire du pays ; l’état de mise en œuvre des instruments de gouvernance et des protocoles communautaires et les questions relatives aux Droits de l’Homme et à la promotion des femmes et des jeunes », a ajouté Mme Mémounatou IBRAHIMA.
Pour finir, la présidente du Parlement de la CEDEAO a exhorté chaque État membre à s’investir dans la recherche de la paix et la stabilité pour contribuer au développement de l’espace communautaire.
« La recherche de la paix doit être pour nous un leitmotiv et un défi pour la mise en œuvre d’un véritable plan de développement tant au niveau national que régional. Nos populations s’expriment souvent en toute connaissance de cause, convaincues que l’expression de leurs souhaits soit prise en compte. Il est donc nécessaire que nous gardions tous à l’esprit que, le droit de nos peuples à disposer d’eux-mêmes commande que nous respections leur choix qui témoigne de leurs profondes aspirations », a-t-elle souligné.
Créé en 1993, le Parlement de la CEDEAO est l’Assemblée des peuples de la Communauté et sert de forum de dialogue, de consultation et de consensus des représentants des populations ouest-africaines. Composé de cent quinze (115) sièges, ce parlement a pour objectifs entre autres : de renforcer la démocratie représentative dans la Communauté, contribuer à la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique de l’Ouest ; informer et sensibiliser les populations de la région ouest-africaine sur les enjeux de l’intégration, promouvoir et défendre les principes des droits de l’homme et de la démocratie, l’état de droit, la transparence, la responsabilité et la bonne gouvernance.
Raphael A.









