Lomé, le 21 octobre 2026-(©AfreePress)- Depuis l’arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO sur la révision de 2024, plusieurs regroupements de l’opposition exigent un dialogue devant déboucher sur une transition et récusent le Cadre Permanent de Concertation (CPC) vers lequel le gouvernement les renvoie. Président du MCD, parti d’opposition siégeant au CPC, et président en exercice dudit Cadre, Me Mouhamed Tchassona Traoré sort de sa réserve. Dans cet entretien, il décrypte l’arrêt de la Cour, précise le sens du dialogue, et défend ses positions avec droit et expériences démocratiques à l’appui. Il parle du boycott, de la CENI, des candidatures indépendantes, etc. Lecture !

CE QUE DIT L’ARRÊT, ET CE QU’IL NE DIT PAS
AfreePress : Maître Tchassona Traoré, avant d’entrer dans le vif du sujet, en quelle qualité vous exprimez-vous, et d’où parlez-vous politiquement ?
Maître Tchassona Traoré : Je m’exprime en une double qualité. Je suis président national du Mouvement Citoyen pour la Démocratie et le Développement (MCD), un parti de l’opposition qui a fait le choix de siéger au Cadre Permanent de Concertation. Et je suis président en exercice de ce Cadre. Ces deux qualités ne se contredisent pas : elles reposent sur la même conviction.
Pour ceux qui nous lisent hors du Togo, quelques mots sur le MCD. Notre parti se réclame de la social-démocratie, que nous déclinons au Togo autour de cinq axes : la démocratie participative, la non-violence, le dialogue permanent, le respect de nos diversités culturelles, régionales et ethniques, et le développement durable.
Candidat à l’élection présidentielle en 2015 puis en 2020, j’ai porté un message constant : « Un autre Togo est possible ». Et pour y parvenir : « Brisons les murs, remblayons les fossés et construisons les ponts. »
C’est cette ligne qui fonde ma démarche aujourd’hui. C’est celle de la social-démocratie depuis plus d’un siècle : changer la société par la réforme, les institutions et le dialogue, plutôt que par la rupture. Quand on croit à la non-violence et au dialogue permanent, on ne déserte pas les cadres de dialogue : on les investit, on les améliore, et on y défend ses convictions. Ma présence au CPC n’est pas une concession ; elle est la mise en pratique de nos idées.
AfreePress : Que dit exactement l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO ?
Maître Tchassona Traoré : Il faut le lire tel qu’il est écrit. L’arrêt du 29 janvier 2026, publié le 25 juin, dit deux choses. D’abord, la révision constitutionnelle du 25 mars 2024 n’a pas respecté l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance ; la Cour la qualifie de changement inconstitutionnel de gouvernement. Ensuite, elle ordonne à l’État togolais de veiller à ce que toute réforme future soit conforme à ses engagements internationaux. C’est un constat sévère, et je ne le minimise pas.
Pour comprendre — Un engagement se respecte. En droit international, un principe ancien veut que les engagements pris par un État soient tenus de bonne foi ; les juristes le résument par la formule latine pacta sunt servanda (Convention de Vienne de 1969, article 26). Le Togo a librement signé la Charte africaine ; la Cour lui demande de la respecter. Et aucun État ne peut invoquer ses propres lois pour s’en dispenser (article 27). Respecter l’arrêt n’est donc pas une option.
AfreePress : Et que ne dit-il pas ?
Maître Tchassona Traoré : C’est là que le débat public s’égare. La Cour n’a pas annulé la Constitution. Elle n’a pas ordonné la dissolution des institutions. Elle n’a prescrit ni dialogue particulier, ni transition, ni calendrier. Ce que la Cour n’a pas dit, personne n’a le droit de le lui faire dire.
AfreePress : Pourquoi la Cour ne s’est-elle pas prononcée sur la Constitution elle-même?
Maître Tchassona Traoré : Parce que ce n’est pas son rôle. La Cour de la CEDEAO vérifie si un État respecte les traités qu’il a signés ; elle n’a pas le pouvoir de faire ou de défaire une Constitution nationale. Ce choix appartient au peuple togolais et à ses institutions. On peut donc condamner la manière dont un texte a été adopté sans que cette condamnation fasse disparaître le texte lui-même.
Permettez-moi une image. Si un fidèle, chrétien ou musulman, a un enfant hors mariage, il a manqué à ses engagements, et sa communauté peut le lui reprocher. Mais aucun prêtre, aucun imam n’a jamais demandé qu’on sacrifie l’enfant. On dit au fidèle : désormais, respecte tes engagements. C’est exactement ce que dit la Cour à l’État togolais.
DIALOGUE ET TRANSITION : OÙ EST LE VRAI DÉBAT ?
AfreePress : Plusieurs regroupements de l’opposition s’appuient sur l’arrêt pour réclamer un dialogue et une transition. Que leur répondez-vous ?
Maître Tchassona Traoré : Je leur pose une question simple : sur quelle ligne de l’arrêt reposent-ils ? Il n’y en a aucune. Le dialogue est toujours souhaitable, et je suis le premier à le défendre. Mais fonder une exigence de transition sur une décision qui ne la prévoit pas, c’est déplacer le débat hors du droit. Et quand on quitte le terrain du droit, on affaiblit sa propre cause devant l’opinion nationale et internationale.
Pour comprendre — Une transition ne se décrète pas. Les spécialistes qui ont étudié les passages à la démocratie en Amérique latine et en Europe du Sud, notamment Guillermo O’Donnell et Philippe Schmitter, font le même constat : aucune transition n’est sortie d’un jugement. Toutes sont nées d’accords négociés entre adversaires prêts à faire chacun des concessions. Réclamer une transition en refusant de s’asseoir à la table, c’est se priver du seul moyen de l’obtenir.
AfreePress : N’est-il pas légitime de vouloir tirer les conséquences politiques d’un tel arrêt ?
Maître Tchassona Traoré : Si, à condition de tirer les bonnes. La conséquence que la Cour a elle-même tirée, c’est l’obligation pour l’État de respecter ses engagements lors des réformes futures. C’est une exigence précise, vérifiable, et c’est sur elle que nous devons concentrer notre vigilance collective. Nous avons tous intérêt à ce qu’aucune réforme ne se fasse plus jamais dans de telles conditions.
AfreePress : Vous parlez de « déplacer le débat ». Que voulez-vous dire ?
Maître Tchassona Traoré : Je veux dire une chose simple. L’arrêt de la Cour est une décision de droit. Il dit que la révision de 2024 n’a pas respecté les engagements du Togo, et que les réformes futures devront les respecter. Il n’a demandé ni de dissoudre la Constitution, ni de dissoudre les institutions. Or certains de nos collègues de l’opposition donnent aujourd’hui à cet arrêt une lecture politique, pour lui faire dire ce qu’il ne dit pas. C’est cela, déplacer le débat. Et c’est embrouiller le peuple.
Nous devons mettre l’intérêt général au-dessus des calculs de chacun, et dire au peuple exactement ce que la Cour a décidé : rien de plus, rien de moins. Nous, acteurs de l’opposition, avons trop longtemps pratiqué ces surenchères. Le Togo a connu près d’une trentaine de dialogues depuis le début des années 1990, et beaucoup de nos combats n’ont rien donné. Cette façon de faire doit s’arrêter.
Il y a aussi une leçon pour nous tous. La révision constitutionnelle date de 2024 ; c’est en 2026 qu’elle fait vraiment débat. Si nos concitoyens avaient été mieux informés des textes et des engagements pris par l’État envers la CEDEAO et l’Union africaine, ils auraient pu en exiger le respect au moment où il le fallait. Informer et former le peuple, c’est le meilleur moyen d’obliger l’État à tenir parole. C’est ce que le MCD s’efforce de faire, souvent loin des projecteurs, et c’est ce que nous défendons au CPC pour que de telles situations ne se reproduisent plus.
Le vrai débat est là : transformer nos revendications en réformes concrètes.
LE CPC, INSTRUMENT DU POUVOIR OU CADRE DE TOUS ?
AfreePress : Le gouvernement renvoie tout dialogue au CPC. D’où vient ce cadre ?
Maître Tchassona Traoré : Il est l’héritier d’une longue tradition. L’Accord politique global du 20 août 2006, issu du Dialogue inter-togolais, a posé le principe d’un dialogue permanent. Un premier Cadre permanent de dialogue et de concertation a été créé par décret le 4 février 2009. Puis la Concertation nationale des acteurs politiques, tenue de janvier à juillet 2021, a recommandé un cadre permanent ; le CPC en est issu par arrêté du 18 janvier 2022. Ce n’est donc pas une invention du moment : c’est le fruit du consensus des acteurs eux-mêmes.
AfreePress : Certains de vos collègues de l’opposition qualifient le CPC d’« instrument du pouvoir ». Que leur dites-vous ?
Maître Tchassona Traoré : Qu’un cadre de dialogue vaut ce qu’en font ceux qui y siègent. Si l’opposition le déserte, elle ne peut pas s’étonner que d’autres voix y pèsent davantage. Le CPC n’appartient à personne ; il appartient à ceux qui l’investissent. Je les invite à venir le transformer de l’intérieur plutôt qu’à le condamner de l’extérieur.
Pour comprendre — Partir ou peser. L’économiste Albert Hirschman a décrit deux manières de réagir face à une institution qui déçoit : la quitter, ou y rester pour la changer en faisant entendre sa voix. Son constat est simple : quand une institution peut fonctionner sans ceux qui partent, leur départ ne change rien. Seuls ceux qui restent et se font entendre l’obligent à se réformer. Le boycott, c’est partir ; siéger pour exiger des réformes, c’est peser.
AfreePress : Ceux qui boycottent n’ont-ils pas le droit de le faire ?
Maître Tchassona Traoré : Bien sûr, et nous l’avons toujours respecté. Jamais ceux qui siègent au CPC n’ont condamné ceux qui ont choisi le boycott. Mais la démocratie ne fonctionne pas à sens unique. Au nom de quel principe le choix de participer serait-il moins légitime que celui de s’abstenir ? Peut-on réclamer le dialogue tout en disqualifiant, voire en menaçant, ceux qui dialoguent ? Ces questions restent posées.
AfreePress : Concrètement, que produit le CPC ?
Maître Tchassona Traoré : Des travaux et des recommandations. Sur les trois grands thèmes que nous avons ouverts, nous avons travaillé et remis nos recommandations au gouvernement. Notre rôle est désormais d’en suivre la mise en œuvre et de rendre compte publiquement de ce qui avance et de ce qui bloque.
STATUT DU CPC, CENI, INDÉPENDANTS : LES CHANTIERS
AfreePress : Quels sont les chantiers ouverts par le CPC ?
Maître Tchassona Traoré : Trois, et ils ne doivent rien au hasard : ce sont précisément les sujets que l’opposition revendique depuis des années. Le statut du CPC lui-même, la nature de l’organe électoral, et l’équité entre partis et candidatures indépendantes. Lors de la session du 19 février 2026, nous avons installé trois groupes de travail pour les approfondir.
AfreePress : Pourquoi réformer le statut du CPC ?
Maître Tchassona Traoré : Parce que nous entendons les critiques et que nous les prenons au sérieux. Il s’agit de conforter ce cadre, de le redynamiser, de le rendre plus accessible et de garantir que ses conclusions répondent aux attentes de toute la classe politique. Un cadre dont on conteste la portée doit gagner en solidité ; c’est l’objet de ce chantier.
AfreePress : Qu’est-ce qui pose problème avec la CENI ?
Maître Tchassona Traoré : Depuis que la CENI fonctionne sur une base paritaire entre majorité et opposition, l’opposition n’a jamais remporté de scrutin majeur. Ce constat oblige à s’interroger sur la nature même de l’organe. Faut-il une CENI politique, où les partis se surveillent mutuellement ? Une CENI technique, composée d’experts indépendants ? Ou une formule semi-technique, qui associe les deux ? C’est la question centrale de toute réforme électorale crédible, et elle se discute au CPC.
AfreePress : Vous évoquez une « asymétrie » au sujet des candidatures indépendantes. De quoi s’agit-il ?
Maître Tchassona Traoré : Un parti politique doit remplir des conditions légales strictes pour exister : statuts, déclaration, obligations de fonctionnement. Or, à chaque élection, des regroupements se constituent en indépendants pour concourir face à ces partis, sans être soumis à aucune de ces exigences. C’est un régime de deux poids, deux mesures. Il ne s’agit pas d’interdire les candidatures indépendantes, mais de fixer des règles équitables pour tous les compétiteurs.
Pour comprendre — Des droits pour tous, des règles pour tous. Le Comité des droits de l’homme des Nations unies protège le droit de se présenter à une élection sans appartenir à un parti. Nous ne le contestons pas. Mais les mêmes textes internationaux exigent l’égalité des chances entre tous les candidats. La solution n’est donc pas d’interdire : c’est d’appliquer à tous les mêmes règles, qu’il s’agisse des parrainages, de la caution ou de la transparence du financement.
AfreePress : Ceux qui réclament un dialogue ont-ils participé à ces travaux ?
Maître Tchassona Traoré : Non, ils ont choisi de les boycotter. Et c’est là toute la contradiction : ces trois thèmes sont au cœur de leurs propres revendications. Comment un parti qui veut un cadre pour faire valoir ses positions peut-il s’absenter du moment même où ces positions sont débattues ? Je laisse nos compatriotes juger.
FACE AUX CRITIQUES
AfreePress : La Cour a parlé de « changement inconstitutionnel de gouvernement ». Votre parabole de l’enfant ne banalise-t-elle pas une faute grave ?
Maître Tchassona Traoré : Non. La parabole reconnaît la faute : le fidèle a manqué à ses engagements, et il est réprouvé. Elle rappelle seulement que la sanction prononcée par la Cour porte sur l’avenir, et non sur l’anéantissement de ce qui existe. Je ne relativise pas le constat ; je refuse qu’on lui ajoute ce que la Cour n’a pas décidé.
AfreePress : Le parti ADDI, qui siégeait au CPC, a déploré que ses membres n’aient pas été informés du changement de Constitution. N’est-ce pas la preuve que le CPC est contourné ?
Maître Tchassona Traoré : C’est une critique fondée, et je ne la conteste pas. Une réforme de cette ampleur aurait dû être discutée dans le cadre de concertation. C’est précisément pourquoi la réforme du statut du CPC est notre premier chantier : il faut que le CPC soit obligatoirement saisi des grandes réformes institutionnelles. L’arrêt de la Cour nous donne d’ailleurs un argument de plus pour l’exiger.
AfreePress : Le CPC a été créé par un simple arrêté ministériel. Comment peut-il peser ?
Maître Tchassona Traoré : La question est légitime, et elle fait partie de nos travaux. Un cadre de cette importance gagnerait à reposer sur un texte de rang plus élevé, voire sur une loi, qui garantirait sa permanence et l’obligation de le consulter. C’est une proposition que nous portons. Mais on ne renforce pas un cadre en le désertant.
AfreePress : Vos recommandations sont-elles réellement appliquées par le gouvernement ?
Maître Tchassona Traoré : C’est la vraie mesure de notre crédibilité, et nous le savons. Nous avons remis nos recommandations ; nous demandons au gouvernement d’y donner une suite effective et nous rendrons compte publiquement de ce qui est fait. Si des recommandations restent lettre morte, nous le dirons. Un cadre de concertation ne vaut que par ce qu’il fait aboutir.
AfreePress : Vos détracteurs affirment que participer au CPC sert surtout à obtenir des postes, et citent des membres du Cadre nommés à des fonctions publiques. Que leur répondez-vous ?
Maître Tchassona Traoré : Je réponds par des questions. Qu’y a-t-il d’immoral, d’inconstitutionnel ou d’irrationnel à ce qu’un opposant soit nommé à une responsabilité publique ? Tous les partis politiques inscrivent dans leurs statuts leur raison d’être : conquérir et exercer le pouvoir. Ce pouvoir ne s’exerce pas seulement au sommet de l’État. Il s’exerce dans les assemblées élues, dans l’exécutif, dans les institutions de la République et dans les organes de régulation. Un opposant qui y accède ne trahit pas sa vocation : il commence à la remplir.
Et si certains ont été remarqués au CPC, où est le scandale ? Un cadre de concertation est aussi un lieu où les compétences se révèlent, où l’on mesure le sérieux et la capacité de proposition des uns et des autres. Ce n’est pas le CPC qui nomme ; ce sont les autorités compétentes, selon les règles en vigueur. Qu’on ait siégé au CPC ou non, la question reste la même.
Rappelons aussi que l’Accord politique global de 2006, que les grands partis d’opposition ont signé, prévoyait lui-même un gouvernement d’union nationale associant majorité et opposition. Ce que l’on présente aujourd’hui comme une compromission était hier une revendication consensuelle.
Et puis, soyons honnêtes. Des partis signent aujourd’hui des manifestes pour réclamer une transition et rejettent la Constitution de la Ve République. Mais ces mêmes partis dirigent des mairies et siègent à l’Assemblée nationale. Ces institutions sont pourtant nées de cette Constitution. Quand leurs maires signent un acte, quand leurs députés votent une loi, ils la font vivre.
Je ne le leur reproche pas. Au contraire, je salue leur lucidité : ils savent qu’un parti existe pour exercer le pouvoir, à tous les niveaux. Mais alors, qu’on cesse d’accuser ceux qui siègent au CPC, qui n’est qu’un cadre de dialogue. Si siéger dans une institution était une faute, elle serait bien plus grande à la mairie ou à l’Assemblée qu’autour d’une table de concertation.
Ce procès doit s’arrêter. Nous, acteurs de l’opposition, devons élever le débat et retrouver entre nous la maturité. Nous nous accusons les uns les autres depuis des années, et cela n’a rien donné. Il est temps de repenser nos méthodes de combat. On peut critiquer, et il faut critiquer ; mais il faut aussi construire, pierre après pierre, la démocratie que nous voulons tous.
La vraie question n’est donc pas de savoir si un opposant peut exercer des responsabilités. C’est de savoir s’il y reste fidèle à ses convictions et à son programme. Là est le seul critère légitime de jugement, et il s’applique à chacun, qu’il soit passé par le CPC ou non.
Pour comprendre — Être nommé n’est pas se renier. Partout dans le monde, des opposants exercent des responsabilités sans cesser d’être des opposants : grandes coalitions en Allemagne, cohabitations en France, gouvernements d’unité nationale en Afrique du Sud en 1994 puis en 2024. Le seul critère qui compte est la conduite. Celui qui, une fois nommé, continue de défendre ses idées participe à la vie démocratique ; celui qui se tait en échange d’un poste se laisse acheter. On juge un responsable à ce qu’il fait du poste, pas au poste lui-même.
LE MOT DE LA FIN
AfreePress : Quel message adressez-vous à la classe politique et à nos compatriotes ?
Maître Tchassona Traoré : À l’État, je rappelle que l’arrêt l’oblige : aucune réforme future ne pourra ignorer les engagements internationaux du Togo.
Au gouvernement, je demande de donner une suite effective aux recommandations du CPC.
À mes collègues de l’opposition, j’adresse une invitation sincère : les portes du CPC restent ouvertes, et chaque proposition y sera débattue.
À nos compatriotes, enfin, je dis ceci : jugez-nous sur la constance, sur les propositions et sur les résultats, pas sur le volume des déclarations. La démocratie ne se construit pas de slogan en slogan ; elle se construit pierre après pierre, par ceux qui acceptent de s’asseoir à la table et d’y travailler.
Pour comprendre — Ce qu’est une démocratie. Le philosophe Karl Popper en donnait une définition simple : un régime où l’on peut changer de dirigeants sans effusion de sang, par des règles acceptées de tous. Tout notre combat tient dans cette phrase. Des règles électorales crédibles, un organe électoral impartial, une compétition équitable : c’est ainsi que l’alternance devient possible, et c’est sur ces règles que le CPC travaille.
Propos recueillis par Olivier Adja (Afreepress) et Sylvestre Béni (La Manchette), à Lomé, 20 octobre 2026.











