Lomé, le 29 juillet 2024-(©AfreePress)- Après cinq jours de formation à Lomé, une trentaine de femmes collectrices du secteur de l’Agriculture en Afrique de l’Ouest a visité, vendredi 26 juillet 2024, une ferme agricole dans la localité d’Afagnan (préfecture du Bas-Mono, à environ 100 km au sud-est de Lomé).
Cette sortie de terrain a pour but de permettre à ces actrices du secteur agricole venues de treize (13) pays de la région ouest-africaine de mettre en pratique ce qu’elles ont appris durant une semaine de formation.
Relever le défi de la productivité agricole
Initiée par le Centre international de développement des engrais (IFDC), avec l’appui financier de l’USAID, dans le cadre du projet « Enhancing Growth through Regional Agricultural Input Systems » (EnGRAIS), ce programme a permis de doter les femmes agrégées de connaissances et compétences nécessaires afin d’améliorer les rendements à l’aide des paquets d’intrants agricoles (PIA), de la carte de recommandation des engrais et des semences pour l’Afrique de l’Ouest (FeSeRWAM) et des principes des 4B de la gestion des éléments nutritifs.
L’objectif poursuivi par l’IFDC et ses partenaires est de relever les défis de la productivité agricole en Afrique de l’Ouest.

« Nous avons sélectionné sur l’ensemble de la sous-région, une trentaine de femmes provenant de 13 pays pour discuter de la problématique de la productivité agricole et de ce que le projet EnGRAIS propose pour pouvoir répondre à ce défi-là. L’une des solutions est le développement de la plateforme FeSeRWAM qui est une carte de recommandation d’engrais et de semences spécifiques à une zone agro-écologique. C’est-à-dire que nous avons développé sur l’ensemble des pays de la sous-région, les 15 pays de la CEDEAO, plus la Mauritanie et le Tchad, des paquets d’intrants qui sont hébergés sur une plateforme web dénommée FeSeRWAM. L’objectif est de former ces femmes à se familiariser avec ces paquets d’intrants pour qu’à leur retour dans leurs pays respectifs, elles puissent s’en servir dans leurs activités quotidiennes. Les femmes qui ont été réunies sont des femmes agrégateurs parce qu’elles ont ce pouvoir de travailler directement avec des agriculteurs et elles ont des réseaux. Nous pensons que ces femmes peuvent servir de canal pour pouvoir disséminer l’information sur ces paquets », a indiqué Josias Tovito, Chef d’Équipe Composante 2 Projet EnGRAIS.
À l’issue de cette formation, les participantes sont sorties mieux aguerries pour être des ambassadrices de meilleures pratiques agricoles dans leurs pays respectifs.

« La formation à laquelle j’ai participé a été vraiment enrichissante parce qu’on ne savait pas qu’il existait cette plateforme qui nous montre énormément de choses, notamment comment produire pour avoir de meilleurs rendements, comment savoir si le sol est propice à la culture qu’on veut faire. Donc, cette formation va beaucoup nous aider car chez nous, on rencontrait des problèmes parce qu’on ne faisait pas les choses comme il fallait. Dès que je rentre chez moi, je vais commencer à transmettre la formation que j’ai reçue ici aux membres de mon réseau », a indiqué Magacy-Michele Amani, représentante de la Coopérative TEND basée en Côte d’Ivoire.
De la formation à la pratique
Dans le Bas-Mono, plus précisément à Afagnan dans le village de Tontamé, les participantes ont visité les fermes agricoles de leurs consœurs de la région, apprécié les méthodes agricoles et partagé leurs expériences avec celles-ci, tout en les informant de l’existence d’une plateforme qui pourra désormais leur faciliter l’accès aux paquets d’intrants agricoles et, par ricochet, améliorer leur rendement.

« Les techniques que nous utilisons ne sont pas nouvelles. Nous avons notre tradition que nous mettons en application. Nous suivons souvent le rythme de la saison, notamment la pluie, pour faire nos travaux dans nos champs. Nous avons quand même les semences certifiées pour nos champs, par exemple pour le maïs que vous voyez dans ce champ. Mais c’est vrai que nous sommes confrontés au défi de la productivité. Aujourd’hui, cette visite nous a permis d’apprendre qu’il y a une plateforme sur laquelle on peut trouver toutes les techniques, surtout les bonnes à pratiquer pour de meilleurs rendements. Nous allons nous y mettre pour pouvoir changer ce que nous faisons pour plus de rentabilité », a confié Mme Boukhari Bimata, agricultrice membre de l’Union des producteurs céréaliers de la Région Maritime.
La FeSeRWAM, une solution numérique pour accélérer la croissance de rendement et la productivité agricole en Afrique de l’Ouest
La FeSeRWAM est une plateforme interactive, numérique, en ligne et géo-référencée qui offre des recommandations techniques, opérationnelles et spécifiques aux sites en matière d’intrants agricoles destinées à divers utilisateurs potentiels, en particulier les petits exploitants agricoles d’Afrique de l’Ouest.

Elle a été développée selon une approche participative et inclusive à travers une collecte de données dans les pays de la CEDEAO.
« Cette plateforme est une alternative pour pouvoir répondre au défi de la productivité. Lorsque vous voulez produire du maïs et que vous êtes dans la zone maritime au Togo, par exemple, ce ne sont pas les mêmes pratiques que vous allez adopter lorsque vous voulez faire la même culture dans la zone des savanes. Donc nous avons pu réunir toutes ces informations et les mettre à la disposition des utilisateurs. Dans certaines régions, les agriculteurs ou les utilisateurs sont confrontés à la question de l’Internet, et donc nous avons développé l’application mobile de la plateforme pour que même sans Internet, ils soient en mesure de l’utiliser », a précisé M. Josias Tovito.
C’était la première fois qu’une telle formation visait exclusivement les femmes. Pour l’IFDC et ses partenaires, dont l’USAID, il s’agit d’impliquer pleinement les femmes dans le développement de l’agriculture en Afrique de l’Ouest et d’assurer une sécurité alimentaire aux populations.
Raphaël A.









