Lomé, le 06 décembre 2025-(©AfreePress)- Choisie pour accueillir le 9ᵉ Congrès panafricain, Lomé s’affirme comme un espace de médiation et de réconciliation où se conjuguent mémoire historique, neutralité diplomatique et initiatives contemporaines pour la paix. La capitale togolaise, stable et résolument tournée vers le dialogue, offre un cadre propice à la réinvention du panafricanisme et à la mobilisation des diasporas en faveur d’une Afrique plus présente dans les instances internationales.
Lomé, capitale du Togo, a été choisie pour accueillir le 9ᵉ Congrès panafricain précisément parce qu’elle incarne, depuis des décennies, une tradition reconnue de dialogue, d’hospitalité diplomatique et de médiation régionale. La ville n’est pas simplement un lieu logistique. Elle est un symbole historique de rencontres internationales — politiques, économiques et, surtout, de paix — qui en font un « carrefour » naturel pour les initiatives continentales.
La référence historique la plus marquante est sans doute l’Accord de Lomé de 1999, qui mit fin à des années de violence en Sierra Leone et consacra Lomé comme un lieu capable d’accueillir des processus de paix décisifs. Ce précédent a durablement installé la capitale togolaise dans l’imaginaire diplomatique africain comme un site propice à la négociation et à la réconciliation nationale.
Sur le plan institutionnel et international, Lomé a joué un rôle majeur dès les années 1970 avec la Convention de Lomé (1975), qui a lié l’Afrique aux partenaires internationaux autour d’un pacte commercial et de coopération. Cet héritage diplomatique et politique confère à la ville une légitimité particulière pour accueillir des forums d’envergure panafricaine.
Depuis plusieurs années, le Togo et sa capitale intensifient encore cette vocation. Lomé est devenue l’hôte de rencontres récentes et régulières dédiées à la paix et à la sécurité — comme le Forum de Lomé sur la Paix et la Sécurité — qui consacrent la ville comme plateforme de réflexion sur les défis sécuritaires du continent et comme catalyseur d’initiatives africaines de règlement des conflits. Ces rencontres illustrent la volonté du Togo d’inscrire durablement Lomé dans l’agenda diplomatique continental.
Par ailleurs, la diplomatie togolaise, conduite par des acteurs nationaux investis sur la scène africaine, a multiplié les missions de médiation, notamment dans la région des Grands Lacs, renforçant la crédibilité de Lomé et du Togo comme acteurs impartiaux et opérationnels dans les processus de paix. Le rôle actif du Président du Conseil togolais et des structures étatiques en matière de médiation témoigne de cette montée en puissance.
Enfin, l’accueil du 9ᵉ Congrès panafricain s’inscrit dans la Décennie 2021-2031 des Racines Africaines et de la Diaspora — initiative portée par le Togo et l’Union africaine — qui appelle à renforcer les liens entre le continent et ses diasporas. Lomé, par sa position géographique, son histoire et son engagement institutionnel, se présente comme le lieu approprié pour réfléchir au renouveau du panafricanisme, à la réforme des institutions multilatérales et à la mobilisation des ressources humaines et financières nécessaires au développement africain.
L’objectif de la tenue du 9ᵉ Congrès panafricain à Lomé est de concevoir un nouveau panafricanisme centré sur les peuples, la diaspora et la représentativité africaine dans les instances mondiales. Le congrès vise l’élaboration d’un « livre blanc » stratégique et de projets phares pour renforcer la voix africaine au plan international.
Le congrès entend également redéfinir la place de l’Afrique dans les organisations internationales (banques multilatérales, Conseil de sécurité, organismes économiques) par des stratégies collectives de mobilisation des ressources et des partenariats. Le congrès est une tribune pour proposer des mécanismes concrets de réforme.
Olivier A.









